Vendée U : “Notre priorité restera la formation” – News

La Vendée U ne pouvait rêver mieux. Déjà assurés de remporter la Coupe de France N1 avant l’ultime étape des 3 Jours de Cherbourg, les hommes d’Hervé Arcade et Morgan Lamoisson mettaient un point d’honneur à terminer la compétition en beauté. Et comment, avec le succès d’étape de Brieuc Rolland, ce dimanche, et la victoire finale de Mattéo Vercher, lui-même vainqueur la veille. DirectVélo Il est revenu sur ce week-end presque parfait avec Hervé Arcade, n’oubliant pas d’en profiter pour faire le point sur l’avenir de l’équipe. Interview.

DirectVelo : Tout était parfait en ce dernier jour !
Hervé Arcade : Oui, mais il était quand même important pour nous de ne pas courir et de respecter cette Coupe de France et l’organisation des 3 Jours de Cherbourg, même si c’était acquis plus ou moins mathématiquement. On voulait montrer qu’on n’allait pas mener la Coupe de France par hasard et les garçons étaient très motivés. On a eu un été un peu creux, c’est vrai, mais c’était prévu au programme, même si on ne s’attendait pas à un tel écart. Les garçons ont su se remobiliser pour ce but en Coupe de France.

Quel était le plan tout au long de ce week-end ?
Pour s’affirmer et montrer qu’on ne s’était pas volé cette Coupe de France. L’objectif initial était de gagner au moins une étape et de finir dans les points. La motivation est venue petit à petit. Dans le premier, nous étions frustrés avec la 3ème place enC’ESTmilien (Jeannière), qui méritait la victoire. Puis, côté ambitieux et furieux, on a pu gagner la deuxième étape avec Mattéo (Vercher), qui voulait s’imposer sous le maillot bleu-blanc-rouge. Donc, c’était une question d’émulation et de pilotes super sympas, attentifs et disciplinés.

Alors Brieuc Rolland a fait une démo ce dimanche…
Oui, même nous, nous étions émerveillés ! L’objectif était de le mettre devant dans un scénario qu’on imaginait particulier car pour les équipes qui évoluaient de la 2e à la 6e place c’était difficile à gérer. On savait qu’une échappée pouvait démarrer très tôt avec des équipes qui pourraient ensuite marquer derrière. Et Brieuc a frappé un grand coup. Nous nous doutions qu’il en était capable et voulions le prouver. Il voulait s’affirmer, en tant que jeune coureur de 19 ans, et il comprenait à marquer des points pour le collectif, histoire de contribuer au total de points car jusqu’à présent, il n’avait pas vraiment pu marquer en Coupe de France. C’est très bien pour le groupe.

« PARFOIS ON APPREND MIEUX DANS LA DÉFAITE QUE DANS LA VICTOIRE »

Et il n’est qu’Espoir 1 !
On continue dans un créneau de formation, avec une dynamique de mise des jeunes qui sortent des catégories inférieures et qui vont directement en Coupe de France.

Avez-vous vu Matteo changer depuis son titre national ?
changer, non. Mais il a acquis plus de confiance en lui et plus de confiance en ses capacités. Mais il était toujours le même dans sa personnalité : très simple, très attentif aux conseils qu’on lui prodiguait, très professionnel, très à l’écoute du groupe. Ça lui a donné plus de crédit dans le groupe et c’est, eh bien, une émulation.

Après une période plus compliquée, le club a voulu reprendre un nouvel élan en cette saison 2022. Il y parvient pleinement !
On peut toujours trouver des fausses notes mais le but n’est pas de gagner le plus de courses possible de toute façon. Nous sommes dans un créneau de formation. Parfois, même dans la défaite, on apprend. L’objectif est là : permettre à ces jeunes de découvrir que gagner n’est pas une priorité pour nous. Parfois, on apprend même mieux dans la défaite que dans la victoire. Nous avons misé sur la jeunesse cette année en intégrant sept coureurs issus des catégories Junior, mélangés à cinq coureurs plus expérimentés. Nous sommes très contents de l’homogénéité du groupe et de la façon dont ils ont pris la mayonnaise. On partait à l’aventure, on ne savait pas si nos cadres et nos jeunes allaient être à la hauteur. Mais ils l’étaient. Lorsque cela se produit, tout va bien.

« IMMÉDIATEMENT CORRESPONDANT ENTRE NOUS »

Qu’est-ce qu’on peut trouver à redire à la performance du Vendée U cette année ?
Ce fameux creux durant l’été, après le championnat de France. Mais on a voulu ralentir car les garçons avaient été exemplaires de février à juin.

Et d’un point de vue personnel ?
C’était mon retour après dix ans… En termes d’adaptation, retourner dans une maison que vous connaissez est beaucoup plus facile. J’ai eu Morgan Lamoisson comme coureur dans la Vendée U. Il nous a tout de suite correspondu car nous avons les mêmes valeurs de collectif, de travail et d’implication. Nous donnons beaucoup pour les enfants. Sans oublier tout le reste du staff, le mécanicien, la jeune aide arrivée cette année et qui a tout de suite compris notre philosophie… Dès les stages d’intégration, nous avons pu constituer un groupe et créer une alchimie, à travers des moments passés à le manoir etc…

Quelle est la suite pour l’équipe ?
Il y a beaucoup de bruit dans les couloirs. Il est vrai que nous avons notre première équipe parmi les professionnels. De nombreux Conti sont actuellement fabriqués, c’est la course aux armements, entre guillemets. Les jeunes sont très vite capturés par ces Conti. On veut garder nos enfants pour qu’on étudie certaines choses. Que l’on reste en N1 ou qu’on passe à Conti, notre priorité restera la formation. Maintenant, si nous perdons des jeunes, c’est vrai. Si on permet à certains d’aller chez Total, tout ira bien. Nous étudions des choses. Quoi qu’il arrive, nous continuerons ce mélange entre les Juniors sortants et les coureurs plus expérimentés.

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