Tuisova arrive, Jalibert et Penaud partent… Lorenzetti en dit plus sur le recrutement

Lancé dans une révolution interne pour la saison prochaine, avec l’arrivée de l’Anglais Stuart Lancaster à la tête de l’effectif, le Racing s’active sur le marché des transferts. Après avoir officialisé lundi l’embauche de Josua Tuisova, le club francilien planche sur d’autres dossiers, dont le poste de titulaire. Pour RMC Sport, le président Jacky Lorenzetti a fait le point sur l’ensemble des dossiers.

Jacky Lorenzetti, comme attendu depuis quelques jours, le défenseur central fidjien ou ailier lyonnais Josua Tuisova a officiellement signé au Racing pour les trois prochaines saisons. Vous devez être satisfait…

Oui biensur. C’est une longue histoire avec lui. Il y a quatre ans, quand il a décidé de quitter Toulon pour Lyon (en 2019), on s’est positionné. Les Lyonnais avaient finalement empoché le transfert. Aujourd’hui, c’est une grande satisfaction. On va perdre Virimi Vakatawa (qui a dû arrêter sa carrière à cause d’un problème cardiaque) et d’autres joueurs, et il fallait recruter un joueur talentueux pour nous proposer d’autres solutions.

Après avoir bouclé les dossiers de Vinaya Habosi (Fijian Drua) et Wame Naituvi (Mont-de-Marsan), vous embauchez un autre Fidjien…

Ce n’est pas volontaire. C’est un concours de circonstances, nous ne voulons pas laisser de côté l’aspect fondamental qu’est notre formation. Contre Brive samedi, notre pack d’attaquants était composé presque uniquement de joueurs du JIFF.

A-t-il été facile de conclure l’arrivée de Tuisova, sachant qu’on en parlait depuis longtemps ?

Non, ça n’a pas été facile, comme tu dis, ça a duré plusieurs semaines. La concurrence était forte, à commencer par Lyon, le club de mon ami Olivier Ginon et Yann Roubert. On s’affronte pas mal. Pour des raisons émotionnelles, Mme Tuisova est intervenue avec beaucoup d’influence car elle voulait absolument vivre une dernière partie de la vie européenne à Paris.

Le Racing a déjà fait des progrès considérables dans les recrutements pour la saison prochaine, tant pour le groupe, qui sera dirigé par Stuart Lancaster, que pour ses joueurs…

Oui, comme je l’ai dit en annonçant l’arrivée de Stuart et la nomination de Laurent (Travers) à la présidence, nous réfléchissons à tout cela depuis plusieurs mois. Nous sommes en fin de cycle, avec le besoin de redynamiser notre équipe. Nous en profiterons. Bernard (Le Roux) a pris beaucoup de coups. Il est arrêté et la retraite se profile, tout comme Wenceslas Lauret après Virimi Vakatawa. Nous travaillons encore sur quelques recrues. Et si tout se passe bien, nous annoncerons prochainement de grandes choses qui renforceront le profil de notre équipe pour la saison à venir.

Lauret va-t-elle donc quitter le club ?

Nous discutons. Il a des projets, il est très tenté par l’immobilier. Cela a déjà commencé au Pays basque. Il y a aussi une chance qu’il soit là en tant que farceur de la Coupe du monde. Nous sommes très attentifs à ses souhaits sachant qu’il a beaucoup donné au club depuis dix ans. Si nous pouvons vous aider dans votre conversion, nous serons là.

« Jalibert ? Les conditions de son arrivée ne sont pas réunies »

Le gros chantier du Racing concerne le poste de départ. Des pourparlers ont commencé avec les All Black, Beauden Barrett, le nom de Matthieu Jalibert a également circulé avec insistance au Plessis-Robinson alors qu’ils ont fait une proposition de prolongation (inférieure) à Finn Russell. Y ?

On parle beaucoup de nos dix problèmes, il y en a. Mais, avec Finn Russell, nous avons actuellement l’un des dix meilleurs au monde, même si certains le trouvent parfois un peu capricieux. Aujourd’hui, avec Finn Russell, nous avons des discussions qui avancent. Il y a des chances que cela se produise. Nous avons aussi d’autres fers au feu, c’est normal. On aimerait associer Nolann Le Garrec à un grand numéro dix. Nous y avons pensé.

Et pour Jalibert ?

C’est un joueur fantastique. Ils nous l’ont proposé mais les conditions de son arrivée ne sont pas données. Ça n’arrivera pas. D’autres clubs sont dedans, mais c’est un excellent joueur.

Pour Barrett, y croyez-vous encore ?

Je vais te dire un secret. J’ai dîné avec lui, sa femme, Laurent Travers, et ma femme il y a quatre ans. Les discussions sont longues. (Rires) En tant que président de club, vous ne pouvez qu’être intéressé par Beauden Barrett. Nous cherchons, mais nous avons d’autres possibilités. Le dossier est en plein développement. Nous avons le temps, nous ne sommes pas pressés.

L’arrivée de Tuisova signifie-t-elle qu’elle va quitter la piste de Damian Penaud (suivi notamment par l’UBB, La Rochelle et Lyon) ?

C’est un dossier que Laurent Travers suit directement. Et tous les noms qui viennent d’être mentionnés sont doublés par Stuart Lancaster. C’est lui qui finalise l’embauche. Penaud reste un excellent joueur français, assez extraordinaire. Bien sûr, nous sommes intéressés, et nous étions intéressés. Malheureusement, le plafond salarial est insurmontable. Ça va être compliqué, même si c’est un grand joueur…

La situation est-elle la même pour le demi de mêlée lyonnais Baptiste Couilloud, qui a des envies ailleurs, comme l’indiquait RMC Sport la semaine dernière ? Il a également été évoqué dans le Racing, tout en étant courtisé par le Stade Français…

C’est un formidable chiffre 9. Nous en avons discuté avec le président Roubert. C’est impossible car on a un gros neuf avec Nolann Le Garrec. Laurent et Stuart ne voient pas très bien l’association entre les deux. Le message serait très difficile à faire passer auprès de nos jeunes. Ce n’est pas acceptable avec notre stratégie de formation.

Concernant l’effectif Lancaster, on apprenait il y a quelques semaines que le directeur de la performance du XV de France, Thibault Giroud, n’arriverait finalement pas. Cela vous laisse-t-il des regrets ?

Bien sûr. Thibault est un gars formidable qui a montré ses compétences. Si nous sommes allés le chercher, c’est parce que nous avons cru en lui. Mais il faut être réaliste : rien ne sert de faire quelque chose pour vous jeter la vaisselle à la figure toute la journée. Thibault, Stuart, Laurent et moi avons pris une décision commune. C’est décevant, mais c’est comme ça. On va chercher un autre préparateur physique, on y travaille.

Enfin, comment jugez-vous le début de saison de votre équipe ? Et attendez-vous mieux de vos joueurs ?

Comme les dix autres clubs qui sont en haut du salaire cap, on a les moyens de faire une bonne saison en Top 14 et en Coupe d’Europe. Comme les autres, nous avons des problèmes de doublons et de blessures. Notre ambition est d’apparaître au mieux au sommet de la hiérarchie. Le club a commencé un peu lentement, mais nous avons surtout joué contre des grosses équipes lors des premières journées de cette saison.

Entretien avec Jean-François Paturaud

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