Ticketplace, la plateforme de revente de billets qui exaspère les fans

Allez, un petit cola (lolilol) pour bien commencer ces vacances : comment applaudir les psg les soirs de match où tu mettais le bras en amont pour acheter un billet parce que tu n’étais pas abonné ? Depuis le haut de la vingtaine, Lucie, cette jeune fan du PSG, n’a pas trouvé la réponse. C’est pourquoi il a lancé un mouvement de protestation sur Twitter avec le hashtag #Ticketplaceout. “Je suis content que mon message soit passé, ça montre que nous sommes nombreux à penser qu’il y a un problème avec les prix des billets au Parc des Princes”, nous a-t-il dit.

Ticketplace, c’est quoi Jamy ? C’est très simple, c’est la plateforme officielle de revente de places pour les abonnés du Parc des Princes qui ne peut pas ou ne veut pas aller au stade le soir du match. Le problème est que sur cette plateforme les prix montent littéralement en flèche car les revendeurs sont libres de fixer eux-mêmes le prix de leur billet. Ainsi, pour le match de mardi soir face au Maccabi Haïfa -qui continue d’être l’affiche la moins sexy du groupe H- il n’est pas possible de trouver un billet à moins de 88,50 euros (75 euros le billet auquel 13,50 euros de frais de gestion).

Pour éviter de claquer un réservoir d’essence pour voir Neymar, Mbappé, Messi et les autres gambader sur la pelouse, les non-abonnés peuvent cependant essayer d’acheter leur billet directement au club, via la billetterie classique. Le problème, c’est qu’avec un stade de 48 000 places occupées à 75 % par des abonnés, le nombre de billets disponibles à des prix relativement abordables (autour de 40 euros à Auteuil ou Boulogne) est limité. En s’inscrivant à MyParis, Lucie a un accès prioritaire à ce premier marché, bien qu’elle n’ait jamais pu l’obtenir. « Le temps de recevoir la notification dans votre boîte mail et de vous connecter au site du PSG, il n’y a rien d’autre de disponible. Et derrière il faut déposer 100, 150, 200 sur Ticketplace. Ça me rend paranoïaque…”

Ticketplace, “la poule aux oeufs d’or de QSI”

“Il est quasiment impossible de trouver une place via cette billetterie principale puisqu’il y a une priorité d’achat, le jour de l’ouverture de la billetterie, pour les entreprises et les hôtels, engage Pierre*, cet abonné et membre du Bloc Parisii, ce petit groupe de supporters qui peuple les tribunes boulonnaises depuis quelques années. Cela signifie qu’une fois qu’un supporter lambda en recherche un de cette manière, il n’y en a plus à vendre. Dès lors, les gens n’ont d’autre choix que de se tourner vers Ticketplace, et là on entre dans le surnaturel. « Ce qui me dérange, poursuit Lucie, c’est qu’il s’agit de frais pratiqués dans les échoppes populaires. Si c’était sur le quai à Paris, je ne dirai pas, mais là à Auteuil ou à Boulogne, c’est dommage. Soudain, il y a beaucoup de fans qui ne peuvent pas venir voir un seul match de la saison. »

85 euros pour Haïfa ? C’est moche ce que je vais dire, mais vu ce qu’on voit habituellement sur Ticketplace, ce n’est même pas excessif, souffle Pierre. La réalité est que nous ne pouvons plus venir au Parc pour soutenir notre équipe si nous n’avons pas d’abonnement. Pour aller voir un PSG-Angers il faut au minimum 70 euros. Qui peut se le permettre aujourd’hui ? Si vous venez avec votre enfant, et que vous prévoyez d’aller au magasin acheter quelque chose pour l’enfant, une boisson et un sandwich, c’est 200, 300 voire 400 euros pour une rencontre à deux. »

Car si les billets vendus à l’unité ne sont plus donnés, les places côte à côte, se vendent à prix d’or. Pour Haïfa, à Auteuil, il faudra prévoir 220 euros pour venir accompagné. Cet été, le Block Parisii s’est insurgé contre Ticketplace, dénonçant à travers un communiqué “la poule aux œufs d’or de QSI”, cette “quatrième dimension” où les prix sont totalement hors sol. Ils dénoncent également que le PSG utilise à la fois le vendeur -dont il ponctionne une partie de son bénéfice- et l’acheteur. A l’arrivée, en effet, le club perçoit environ 30% de la revente via Ticketplace.

Si ce gain financier extraordinaire n’est pas négligeable, surtout après la COVID-19[feminine]des stades à huis clos et le déficit du club estimé à environ 350 millions pour l’exercice 2021-2022 selon nos confrères de ParisienLe PSG assure que ce n’est pas sa principale source de motivation. Il s’agirait d’abord de bien remplir le stade car, après de multiples études marketing, il s’est rendu compte qu’un abonné pouvait laisser son siège vide jusqu’à 10 fois par saison. « Je peux vous citer le PSG-Angers complet sur papier, tous les billets avaient trouvé des détenteurs d’abonnement et en vente à l’unité, mais dans la vraie vie il y avait 28 000 spectateurs dans le stade…, nous glisse un intime du club. Dans un stade de 48 000 spectateurs, c’est un vrai problème. »

Garantir un stade plein et raccourcir le marché noir

Deuxième argument du Paris Saint-Germain, la lutte contre le marché noir. Le PSG ayant énormément grossi ces dix dernières années, le marché parallèle a explosé et généré d’énormes frustrations pour des fans qui achetaient sur des plateformes externes des billets qui avaient été vendus plusieurs fois et où seul le premier qui passait les portiques pouvait entrer dans le stade. C’est aussi pourquoi, après avoir tenté de limiter le prix de revente sur Ticketplace pendant une saison, il est revenu sur sa décision.

Côté club, on est sûr que si on limite à 50 euros le prix de vente d’une grande affiche à la tribune de Boulogne, les revendeurs abandonneront Ticketplace pour recourir au marché noir, avec les risques que cela comporte pour l’acheteur. . Les grands clubs européens qui s’y sont essayés vont régulièrement le vivre amèrement. “D’où cette démarche de dire : oui, les prix sont un peu élevés, mais si ça ne se fait pas chez soi en toute sécurité, ça se fera ailleurs et si ça se fait ailleurs, la sécurité n’existe plus et on reviendra.” avec des gens qui se font voler, décevoir et qui vont blâmer le monde entier et le club d’abord », nous racontent-ils dans l’entourage du club.

À ce stade, Lucie accepte. « C’est ça l’avantage de Ticketplace, c’est que c’est sûr, mais je ne sais pas si ça justifie que des revendeurs obtiennent de telles marges, il faut essayer de réguler ce système au minimum, au moins par roulement. Pour Pierre, c’est le prix à payer pour Parc des Princes il reste, au moins dans certains endroits, un lieu accessible aux budgets les plus modestes. “Je ne crache pas sur ce qui est arrivé au club”, a-t-il déclaré. Il faut bien sûr que l’argent aille dans les caisses, mais il ne faut pas oublier que le football est censé être un sport populaire et accessible à tous, et qu’il faut tout faire pour prendre position. Je pense qu’un meilleur compromis peut être trouvé. De son côté, le PSG admet que la solution idéale n’existe pas et assure qu’il essaie de trouver les compromis qui conviennent le mieux à chacun.

Le CUP veut en finir avec ce système à Auteuil

C’est ce qu’il a fait cette saison au Virage Auteuil avec les membres du Collectif Ultras Paris. Après discussions avec les dirigeants du groupe, le PSG a agi sur l’idée qu’il serait désormais interdit aux ultras de revendre leur billet sur la plateforme Ticketplace. Le PSG est conscient du problème et je pense que c’est pour cela qu’il a été attentif à notre demande et nous soutient dans cette épreuve. Le football est toujours un sport populaire. Tout le monde devrait pouvoir aller voir un match au Parc des Princes. Et nous nous battrons toujours pour que tous les Franciliens puissent regarder les matchs du PSG”, a expliqué le président du CUP, Romain Mabille, accompagné de nos confrères de France Bleu Paris.

“C’est bien que les ultras, qui sont en contact avec le club, prennent ce dossier au sérieux et permettent aux choses d’avancer. On va dire que c’est un bon début, mais ce n’est pas encore suffisant, juge Lucie. Nous devons continuer sur cette voie. La direction doit prendre conscience du problème et agir en conséquence, ne serait-ce qu’en limitant les prix de revente dans tous les coins. Pierre, de son côté, propose une autre idée : « Pour éviter que les petits malins ne continuent leur activité lucrative, il faudrait les obliger à assister à un certain nombre de matchs par saison sous peine de résiliation de leur abonnement. « Il y a peut-être une piste à creuser pour le PSG.

*Le nom a été changé

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