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Relégués en Ligue 2 au terme d’un exercice 2021-2022 catastrophique, Saint-Étienne et Bordeaux se retrouveront ce samedi après-midi (15h00), dans un stade Geoffroy-Guichard à huis clos. De part et d’autre, l’été a été particulièrement mouvementé. Mais si les Verts continuent d’être à la traîne en bas de tableau (19c’est), les Girondins sont déjà installés dans le fauteuil de leader. Cependant, avant la sortie de la saison, imaginer le contraire était plus tentant.

C’est un record absolu. Au cours de leur histoire, Saint-Étienne et Bordeaux se sont rencontrés 120 fois en première division. Aucune autre affiche du championnat de France n’a eu lieu aussi souvent. Dans ce cas, parler d’un classique ne semble pas exagéré, même si ce classique aura lieu cette fois au rez-de-chaussée. Au printemps, Verdes et Girondins sont tombés en Ligue 2. Une frayeur, sans doute, au vu du palmarès et de la riche histoire de ces deux monuments du football français, mais une frayeur quasi inévitable, puisque ces deux bastions avaient cumulé les revers ces derniers temps. années. Dans un cas comme dans l’autre, la calamiteuse saison 2021-2022 n’a ainsi été que la conséquence d’une situation financière mal maîtrisée, de mercatos successifs risqués et d’une gestion sportive douteuse. La question était donc de savoir comment l’ASSE et le FCGB allaient se remettre de cette chute et affronter un été de tous les dangers. Après un mois et demi de compétition, on en sait un peu plus.

A Saint-Étienne, nettoyage en profondeur et mauvais départ


Un simple regard sur le classement suffirait à en surprendre plus d’un. Les Bordelais occupent la pole position, tandis que les Stéphanois sont collés en fond de grille (19c’est). L’inverse aurait sans doute été moins déstabilisant, car le club du Forez semblait, malgré une nouvelle tentative ratée de rachat, avoir plutôt bien négocié ce débarquement en bas de l’échelle. Très vite, Laurent Batlles est nommé gérant. L’ancien milieu de terrain connaît bien la maison verte pour y avoir mené la réserve et réussi à faire monter Troyes (en 2021) avec une philosophie de jeu ambitieuse et séduisante. Les premières recrues (Jimmy Giraudon, Anthony Briançon, Mathieu Cafaro, Victor Lobry, etc.) reflétaient la volonté de faire appel à des entraîneurs familiers de la Ligue 2 et à des joueurs créatifs, mais c’est le mercato qui explique en grande partie une partie du lent début d’El Saint-Étienne, qui a mis trop de temps à se séparer d’éléments qui n’étaient plus en phase avec le projet (Denis Bouanga, Mahdi Camara, Adil Aouchiche…) et a recruté à son tour pour s’armer jusqu’au terme. Résultats des courses : 11 arrivées pour 24 départs. Criant le manque de référents et les automatismes, les Verts traversaient leur début de saison, marqué par de nombreuses expulsions (cinq déjà) et une rouste mémorable, subi au Chaudron contre Le Havre (0-6). Les trois points de pénalité et les quatre matchs à huis clos – le dernier ayant eu lieu ce samedi – infligés suite aux incidents contre Auxerre n’ont certainement pas aidé. Pourtant, les partenaires de l’irrésistible Jean-Philippe Krasso (meilleur buteur du championnat avec sept buts) semblent être sur la bonne voie, comme en témoigne leur récente victoire face à Bastia (5-0).

Auteur d’un quadruplé face à Bastia, Jean-Philippe Krasso est l’homme fort des Verts.

A Bordeaux, les jeunes ont fait le boulot

En face, Bordeaux a connu des semaines estivales bien plus stressantes. Un temps, le club au scapulaire a même été rétrogradé administrativement en National 1. Finalement, les Marines et les Blancs ont pris conscience de son maintien en Ligue 2 A quelques jours du début de la saison. Même si on pouvait logiquement craindre le pire pour eux, la bande de David Guion a commencé son championnat de manière admirable, portée par l’enthousiasme et la fougue de jeunes pépites qui ne demandaient qu’à pouvoir s’exprimer. Cette jeunesse décomplexée, incarnée par Logan Delaurier-Chaubet, Dilane Bakwa et Junior Mwanga, a apporté un vent de fraîcheur au Matmut-Atlantique. Mais on peut avoir des doutes légitimes sur sa capacité à maintenir ce niveau de performance pendant toute une saison. « Il est impossible pour les jeunes de travailler 38 joursGuion a déclaré aux journalistes jeudi. Il faut les conserver et non les rôtir. C’est tellement important” En ce sens, l’apport des signatures officialisées juste avant la clôture du marché (Yoann Barbet, Vital N’Simba, Clément Michelin, Aliou Badji et Zuriko Davitashvili) sera soigneusement analysé. A noter également que l’Aquitaine a bénéficié jusqu’ici d’un calendrier assez clément, face à plus de formations qui devraient se battre dans la deuxième partie de tableau (Rodez, Niort, QRM) que de sérieux prétendants à la promotion. Plusieurs tests importants seront au programme des prochaines semaines. Le déplacement prévu à Geoffroy-Guichard ce samedi en fait partie.

La jeunesse bordelaise montre son club en ce début de saison.

Par Raphaël Brosse

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