Renault : les trois principaux leviers de Renault pour accélérer en Bourse

(BFM Bourse) – La marque au losange surperforme nettement la ACC 40 depuis le début de. Alors que son Capital Markets Day se profile ce mardi, le constructeur dispose encore de plusieurs moyens pour électrifier son stock.

Face à de nombreuses tempêtes, Renault à résister. Depuis le début de l’année, le constructeur a beaucoup moins souffert que le ACC 40enregistrant une baisse de son cours de 0,8% alors que l’indice phare de la place parisienne perdait 12,7% sur la même période. Ceci malgré le départ de la Russiece qui le prive d’environ 10% de ses revenus.

A l’heure où le groupe s’apprête à célébrer ce mardi son Capital Market Day, soit une journée dédiée aux investisseurs, la marque au losange a encore des chevaux dans son moteur pour faire grimper le cours de ses actions. Vue d’ensemble.

> Lancements réussis de nouveaux modèles

La politique du PDG Luca de Meo consistant à privilégier la valeur par rapport au volume a porté ses fruits. En témoigne la dernière publication du groupe, son chiffre d’affaires trimestriel, avec une progression des revenus (hors Russie) en un an de près de 22% au troisième trimestre avec une contribution des hausses de prix à un plus haut historique de près de 13% %. Le groupe a réorienté ses volumes vers des canaux plus rémunérateurs, comme la vente aux particuliers, par opposition à la vente aux loueurs.

Les objectifs définis dans le plan “Renaulution” début 2021 sont en bonne voie pour être atteints trois ans à l’avance. Renault il s’attend à dégager une marge opérationnelle d’au moins 5% en 2025. Si le groupe au losange respecte les perspectives communiquées au marché fin juillet, il les atteindra cette année.

Cependant, Renault doit maintenir le cap car Deutsche Bank s’attend à ce que le vent haussier des hausses de prix s’atténue l’année prochaine. Cela passera par de nouveaux objectifs financiers qui devront être communiqués mardi. “Nous préférerions Renault indique un objectif de rentabilité “tous temps” [c’est-à-dire à l’épreuve de tous les évènements adverses]», prévient UBS.

Le groupe peut compter sur ses sorties réussies jusqu’à présent. Le SUV Arkana, commercialisé l’an dernier en Europe, et le Dacia Jogger cumulent à ce jour 60 000 et 65 000 commandes depuis le début de l’année. La Mégane E-Tech Electrique, véhicule très stratégique pour le groupe, en a obtenu 37 000 depuis sa création au deuxième trimestre. Au cours de la période 2023-2025, 21 nouveaux véhicules du groupe arriveront sur le marché. Pour le Credit Suisse, le succès continu des lancements de nouveaux modèles est un catalyseur d’action.

> Réglez “Amp” et “Cheval”

Depuis début 2022, Renaut avait indiqué étudier ce projet qui consiste à créer deux sociétés. La première (sous le nom de code “Ampère”) regrouperait ses activités de commercialisation et de production de véhicules électriques, et la seconde (“Horse”) serait dédiée au développement et à la production de moteurs et boîtes de vitesses thermiques et hybrides. Le groupe doit présenter mardi les résultats de ce projet.

Cette mesure ne reviendrait pas à une scission car ces deux entités n’auraient qu’environ 10 000 salariés chacune, sachant que Renault employait plus de 110 000 personnes en 2021, hors Russie. “Ampère” pourrait entrer en bourse au second semestre 2023, Renault souhaitant toutefois conserver la majeure partie du contrôle. “Horse” pourrait, pour sa part, être basé à l’étranger et Renault envisage de ne pas conserver la majorité du capital, ouvrant ainsi cette entité aux associés. Des articles de presse avaient évoqué notamment la fin du mois d’août entretiens avec le constructeur automobile chinois Geely et le groupe pétrolier saoudien Aramco.

Cette nouvelle organisation potentielle semble plaire au marché. Les avancées rapportées par divers médias ont contribué à faire grimper le cours de l’action Renault. Dans une note datée de mi-octobre, Stifel a estimé que cette séparation devrait permettre à chaque entité d’obtenir des multiples de valorisation plus élevés, d’améliorer l’allocation du capital et, in fine, les retours aux actionnaires. En particulier, une introduction en bourse partielle du périmètre d'”Ampère” devrait “cristalliser la valeur et financer les développements futurs” de cette société, écrit le bureau d’études. Stifel a estimé qu'”Ampère” pourrait générer plus de 40 milliards d’euros de revenus d’ici 2030, soit presque autant que Renault en 2021. L’intermédiaire financier a valorisé la division à 23,5 euros par action Renault (7 000 millions d’euros au total) contre 1,5 euro pour « Cheval » et 31 euros pour le reste des activités du groupe, comme le financement des ventes ou les fonctions centrales.

> Rééquilibrer la structure de l’alliance avec Nissan

Ce fichier ne doit pas être directement référencé par l’adresse de Renault Mardi, la manifestation était consacrée à l’avancée du plan “Renaulution”. Mais le PDG Luca de Meo et le CFO Thierry Piéton n’échapperont probablement pas aux questions sur ce sujet.

Selon divers médias ne fais pas d’affaires bfm, Renault et Nissan discutent à la fois d’une éventuelle entrée de Nissan au capital d'”Ampère” et un rééquilibrage des participations croisées entre les deux groupes. Les deux constructeurs ont confirmé le premier volet dans un communiqué en octobre sans s’exprimer explicitement sur le second. “D’autres annonces seront faites, en temps voulu, par les membres de l’Alliance”, avaient-ils indiqué.

Actuellement, Renault détient 43,4 % du capital de Nissan qui détient 15% de Renault mais sans droit de vote. Cette asymétrie a parfois été une source de tension de la part de Yokohama. Renault pourrait enfin accepter de baisser sa participation sur le long terme, le groupe japonais souhaite que le losange chute à 15%, selon différents médias.

Les analystes financiers plaident depuis longtemps pour un tel rééquilibrage. “Trop de capital est investi dans le partenariat avec Nissan (environ 7 milliards d’euros)”, alors que “ce n’est plus nécessaire car la coopération fonctionne enfin”, juge Stifel. L’intermédiaire financier explique notamment que si Renault accepté de descendre en dessous de 40% de Nissan, le groupe japonais retrouverait ses droits de vote, en vertu du Code de commerce français. “Ainsi, la plus grande entreprise de l’Alliance ne se considérerait plus comme le partenaire junior”, écrit le bureau d’étude.

Selon ce dernier, Renault il pourrait libérer environ 2,8 milliards d’euros en réduisant sa participation à 25 %, qui pourraient être utilisés, par exemple, pour des mesures de retour aux actionnaires. Le mois dernier, la Banque Royale du Canada calculait, pour sa part, que passer de 43,4 % à 15 % pourrait permettre Renault pour “monétiser” quelque 4 000 millions d’euros. La banque canadienne a toutefois prévenu que ce montant pourrait très bien être réinvesti dans les activités électriques du groupe au lieu d’être restitué aux actionnaires sous la forme d’un dividende exceptionnel.

Julien Marion – ©2022 BFM Bourse

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