Réactions après la mort de Benoît Dauga

André Boniface, ancien joueur du Stade Montois et de l’équipe de France

“On aurait pu s’y attendre, mais c’est une bien triste nouvelle car c’est un monument du rugby qui s’en va. Nous avons fait tout notre…

André Boniface, ancien joueur du Stade Montois et de l’équipe de France

“On aurait pu s’y attendre, mais c’est une bien triste nouvelle car c’est un monument du rugby qui s’en va. Nous avons passé toute notre carrière ensemble, il était un ami proche de mon frère (Guy) et il était l’un des meilleurs attaquants du monde. Même les Néo-Zélandais l’ont dit. Personnellement, c’est le joueur qui m’a le plus impressionné au cours de ma carrière. C’était une personne très douée, avec des qualités physiques exceptionnelles. Il venait du basket et était très doué, surtout au toucher. Un attaquant moderne en avance sur son temps, très rapide et très mobile. Lancé, il était aussi rapide que nous, trois quarts, et pouvait faire des avances de 80 mètres. C’est une opportunité pour le Stade Montois d’avoir eu un joueur de ce niveau. Il s’était gravement blessé au cou lors d’une rencontre (1975) et n’avait jamais vraiment retrouvé toutes ses capacités. Quand nous l’avions rencontré sur le terrain, il bougeait les dernières fois où je l’avais vu, un peu affaibli. »

En 1966, Benoît Dauga, Christian Darrouy, Guy et André Boniface portent le maillot de l'équipe de France.


En 1966, Benoît Dauga, Christian Darrouy, Guy et André Boniface portent le maillot de l’équipe de France.

Archives “Sud-Ouest”

Pierre Albaladejo, ancien international

« Benoît était un grand homme, à tous les niveaux. Sa mort est quelque chose qu’on attendait, il s’est battu jusqu’au bout, comme il l’a toujours fait. Il avait un physique exceptionnel, un esprit de champion. Pour la petite histoire, certains d’entre nous l’ont vu sur des terrains de basket avant qu’il ne commence à jouer au rugby. Le président de l’US Dax, René Dassé, est allé lui rendre visite chez ses parents… Mais il n’a pas voulu, il l’a trouvé trop maigre, avec une silhouette de voleur. Autant on lui avait dit que ça allait arriver, autant rien n’y faisait… Et Benoît est allé jouer au Stade Montois. »

Pierre Albaladejo.


Pierre Albaladejo.

Isabelle Louvier

Jean-Louis Bérot, ancien international

« C’est quelqu’un qu’on appelle par son prénom, Benoît. Avec Walter (Spanghero, NDLR), ce sont les phares de notre génération de rugbymen. Chez nous, on le surnomme « le Cassou », le grand chêne. Compte tenu de sa bravoure sur le terrain, le surnom de « Grand Ferré », héros du Moyen Âge, lui a été donné par Antoine Blondin et popularisé par les journalistes Denis Lalanne et Jean Cormier. Benoît était une personne hétérosexuelle. Il était très sensible ; un mec aussi gros que ça, tu ne peux pas l’imaginer ! Après sa blessure, lorsqu’il est revenu à Ricard pour s’occuper du Château de la Voisine, il nous a offert de grands moments, il a su recevoir et prendre soin des autres. »

Jean-Louis Bérot.


Jean-Louis Bérot.

Isabelle Louvier / SUD-OUEST

Patrick Milhet, entraîneur du Stade Montois

« Le Stade Montois perd une légende, un homme reconnu sur tous les terrains de rugby du monde. C’était une personne intègre, avec des valeurs. Benoît a été mon premier président, il m’a fait signer mon premier contrat pro dans son cabinet en 2006. Je connaissais le joueur, bien sûr, mais j’ai découvert l’homme. Une personne très calme, qui n’a pas eu besoin de frapper la table pour être respectée, droite et juste. Il a toujours travaillé pour le club, en tant que joueur puis en tant que président. Nous nous rencontrions souvent autour des repas, mais nous ne le savions pas vraiment. Aussi, pas plus tard que la semaine dernière, j’ai dit à Julien (Tastet, l’entraîneur des attaquants de Mons) que le staff technique devait lui rendre visite à Nouvielle… Bien sûr, nous l’accompagnerons lors de son dernier déplacement. »

Philippe Cazaubon, son successeur à la présidence du Stade Montois

“C’est une nouvelle que j’attendais mais que je craignais. Pour moi c’était « Big Ben », la tour de contrôle. J’ai eu l’opportunité de travailler avec lui pendant 4 ans (2007-2011, ndlr). Il était toujours là, me donnant un coup de main et m’aidant. Il m’a tout de suite mis à l’aise et m’a laissé faire les choses que je voulais, c’était un plaisir de travailler avec lui. C’était une personne simple. Je me souviens d’un match au Racing, j’étais au bar de Colombes, entouré de fans des Racingmen, les garçons n’en croyaient pas leurs yeux… C’était un homme très gentil, humble, mais aussi honnête dans l’âme, avec une grande autorité naturelle . . Je l’ai entendu élever la voix une ou deux fois et tout le monde s’est tu. Il disait que le Stade Montois était éternel, c’est une formule qui me plaisait beaucoup. C’est une page club qui tourne et dont on reparlera longtemps. »

Charles Dayot, maire de Mont-de-Marsan

« Je lui ai rendu visite à Nouvielle il y a quelque temps parce que je voulais lui dire bonjour. Ça a marqué le rugby français mais aussi les Landais, les gens d’ici. Physiquement, il était exceptionnel, mais c’était aussi un excellent manieur de ballon. C’est un personnage historique du Stade Montois et de la ville qui disparaît… Je le croyais immortel, c’est rare de le voir partir, il ressemblait à un arbre aux racines solides. Je ressens de la tristesse, de la nostalgie. Un visage et un sourire ont disparu. »

Patrick Nadal, ancien joueur, entraîneur et président du Stade Montois

« Quand j’ai débuté en équipe première au Stade Montois, à 17 ans, il jouait. Imaginez la légende que cela signifiait pour moi. C’est un monument du rugby français qui disparaît, et aussi une grande partie de ma vie. Sur le terrain, il était l’un des meilleurs joueurs que j’ai jamais rencontrés. Il avait des qualités physiques extraordinaires et savait passer comme un trois-quarts. La façade moderne, bien au dessus du lot. Quand il a eu son accident de rugby, je jouais à Nice, je suis allé le voir à la Tour de Gassies à Bordeaux. Le chirurgien m’a dit que s’il n’y avait pas eu Benoît Dauga, il ne serait pas guéri.”

Benoît Dauga avait ses habitudes dans le « jardin » de Bonifacio.  Depuis 2020, les nouvelles tribunes du stade de Mons portent son nom.


Benoît Dauga avait ses habitudes dans le « jardin » de Bonifacio. Depuis 2020, les nouvelles tribunes du stade de Mons portent son nom.

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Né : 8 mai 1942 (80 ans) à Montgaillard (Landes), 1,95 m. Surnom : Le Grand Ferré. Palmarès : 63 sélections avec le XV de France, 9 fois capitaine. Triple vainqueur du Tournoi des Cinq Nations (1967, 1968 et 1970). Président du Stade Montois de 2003 à 2007.

Geneviève Darrieussecq, ministre et ancienne maire de Mont-de-Marsan

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