pour le plaisir de ses sujets / Angleterre / Disparition d’Elizabeth II / SOFOOT.com

Elle était le Sir Alex du Royaume-Uni. Souveraine au pays du Beau Jeu, où le football est synonyme d’identité nationale, Elizabeth II aura bien compris durant ses 70 ans de règne l’importance du ballon rond pour ses sujets.


Modifié

Les têtes couronnées, en Angleterre, ce n’est pas ce qui manque. Déjà parce qu’une monarchie le permet. Aussi parce que chacun trouve le raccourci lorsqu’il s’agit de qualifier des dominants, quel que soit son domaine de prédilection. Dans le football, Manchester City, le dernier roi d’Angleterre, successeur il y a quelque temps de Liverpool, Chelsea ou Manchester United, selon les résultats du championnat domestique, a détenu un temps ce titre médiatique. Mais si le lexique souverain s’emploie si facilement outre-Manche, c’est surtout parce qu’une infime partie des femmes a porté la fonction suprême à un tel niveau depuis 70 ans que personne n’a vu de blasphème à emprunter leurs attributs. Impossible de se cacher, à l’heure où ses sujets s’apprêtent à lui dire adieu : Elizabeth Alexandra Mary de la Maison de Windsor, dite “Reine Elizabeth II” , pendant 70 ans, a porté de loin la couronne anglaise. Le monde a beaucoup changé depuis 1952 mais sous son chapeau et ses robes colorées, elle était aussi une base sur laquelle toute la société britannique pouvait grandir, souffrir et se reconstruire.

Au plus près des champions

Le ballon rond n’y a pas échappé. Si son empreinte ouvrière est omniprésente, le belle fête elle a été peu à peu appropriée par la royauté, bien consciente qu’en Angleterre elle est une véritable source de fierté pour ses sujets. Depuis 1939, la FA a un président d’honneur issu de la famille royale. Durant son règne, les fonctions de Babeth l’ont amenée à assister à de nombreux rassemblements depuis les tribunes, et notamment à présenter le trophée de la FA Cup, avant de passer le relais en 2005 à son petit-fils, William. Autre privilège royal, l’anoblissement de ses sujets. Chaque année, un certain nombre de personnes qui se sont distinguées par leur talent sont honorées. Sir Bobby Charlton, Sir Kenny Dalglish et Sir Matt Busby ont tous été anoblis, preuve que le football est dans l’ADN de cette île. Ils ne seront pas les seuls, autre distinction accordée par le souverain, moins prestigieuse, mais non moins importante. Brian Clough, Gary Lineker, Bill Shankly, Frank Lampard ou encore Arsène Wenger, et bien sûr David Beckham en 2003 ayant reçu la médaille de l’Ordre de l’Empire britannique pour “services rendus au football” par le souverain. Vous commencez à faire une bonne sélection. Becks, très proche de la famille royale, était également présent lors des deux derniers mariages royaux et rêve de s’ennoblir un jour, mais ce que ses déboires fiscaux révélés par Wikileaks il y a quelques années empêchent…

Mais le rôle de la monarchie face au football ne se limite pas à distribuer les bons points. Elle se présente également comme l’une des premières partisanes de Trois lions, quitte à être bien souvent aussi déçu que ses 67 millions de sujets. L’été dernier, Elizabeth II espérait que le football je rentrerais chez moi. En de rares occasions, à la veille de la finale du Championnat d’Europe à Wembley entre l’Angleterre et l’Italie, il a même pris la parole. C’est Buckingham Palace qui a publié un message d’encouragement de la reine elle-même : “Il y a cinquante-cinq ans, j’ai eu l’occasion de présenter Bobby Moore à la Coupe du monde et j’ai vu ce que cela signifiait pour les joueurs, la direction et le personnel de remporter la finale d’un grand tournoi international de football. Je t’envoie toutes mes félicitations et celles de ma famille pour avoir atteint la finale du Championnat d’Europe et je t’envoie mes meilleurs vœux. »

Ses ancêtres avaient interdit le football

Loin des ors de Buckingham, le football anglais est issu d’abord de la tradition paysanne puis de la classe ouvrière, à des années-lumière des pratiques de la noblesse, préférant le polo, le cricket ou l’aviron. Ce fut d’abord Edouard II, puis Edouard III, rois d’Angleterre au 14ème siècle.moi siècle, qui a interdit par arrêté royal ce qui ressemblait le plus au football d’aujourd’hui. D’abord seul dans les rues de Londres : « Tant qu’il y aura cette agitation dans la ville due à ces gros bals d’où de nombreux maux pourraient découler, nous ordonnons une peine de prison pour quiconque se livrera à un tel jeu à l’avenir. Dieu nous garde. » Vade satan rétro ! Alors que la peste noire décime près d’un quart de la population anglaise et en pleine guerre de Cent Ans, Edouard III voit d’un très mauvais œil ce sport qui divertit ses sujets au lieu de les attirer vers un exercice qu’il juge indispensable de mordre. Royaume de France : tir à l’arc. Chaque sujet doit être capable de défendre la patrie au lieu de patauger ivre dans la boue. Entre autres distractions de l’époque, comme les combats de coqs, Edouard III interdit le football le 12 juin 1349. Près d’un siècle plus tard, son héritier Edouard IV (1461-1470) suit la ligne de l’interdiction royale en déclarant : « Il est interdit de pratiquer le football, car toute personne valide et forte devrait privilégier le tir à l’arc. La défense du Royaume dépend de ses archers. » Au total, à travers les différents souverains que l’Angleterre a connus depuis l’époque médiévale, plus de 30 lois ou arrêtés royaux ont tenté d’interdire le football, et ce n’est que bien plus tard, à l’époque victorienne à la fin du XIXe siècle.moique le jeu, préindustriel et désormais encadré par des règles, aura tendance à se professionnaliser.

Toujours faire des bulles ?

Si certains membres de la famille royale se contentent de partager le nom de l’équipe qu’ils soutiennent, comme le prince William avec Aston Villa, la reine, par obligation de réserve, était censée rester neutre. C’est pourquoi il n’a jamais révélé publiquement le nom de l’équipe qu’il soutenait secrètement. On a longtemps cru que le cœur du souverain penchait vers le artilleurs. Pas à cause de la queue de cheval de Petit ou des coups francs de Titi Henry, mais parce que le club a été créé par des ouvriers de l’usine d’armement Royal Arsenal, nom du club jusqu’en 1891. C’est aussi la reine qui, en octobre 2006, allait inaugurer la marque. nouveaux Emirats. En raison d’une hernie discale, La reine avait dû envoyer son royal époux, et pour se faire pardonner, la souveraine avait invité le artilleurs en février 2007 pour partager du thé et des scones avec elle dans les salons de Buckingham. Seulement ça.

Ils sont également la seule équipe du royaume à avoir reçu cet honneur. Un très jeune Cesc Fàbregas, 19 ans à l’époque, avait révélé après cette visite que la reine s’était glissée pour être une adepte du club londonien. Plus tard, lors d’une tournée en Nouvelle-Zélande, le prince Harry lui avait révélé que “La plupart de la famille royale a soutenu Arsenal” . Il suffisait que nos amis britanniques soient convaincus que Zaza est un Gooner. Pourtant, il y a quelques années, c’était une autre version que les tabloïds britanniques livraient… Lors d’une conversation avec le staff de Buckingham, la reine aurait révélé son penchant pour… West Ham ! L’histoire remonte à 2009. Surprenant une conversation de football dans les couloirs du palais, Elizabeth II aurait exprimé son amour pour marteaux. On a du mal à imaginer la souveraine de 95 ans avec une pinte à la main, une chemise Michail Antonio sur le dos, un samedi après-midi devant un bon Brentford-West Ham, et pourtant ça lui ferait un point commun. . avec Barack Obama, MC Hammer et Matt Damon. La vérité est que seule l’équipe nationale pourra, après sa disparition, lui rendre un hommage digne de ce nom. Et tant pis l’hymne devient Que Dieu sauve le roi.

Par Sara Menai, à Londres

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*