Orpea : Contraint de restructurer en profondeur sa dette, Orpea s’effondre en Bourse

(BFM Bourse) – L’exploitant d’EHPAD a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir ouvert une procédure de conciliation avec ses créanciers pour renégocier son passif, avec une possible conversion en capital de plusieurs milliards d’euros. Le groupe peine également à mener à bien son programme de cessions d’actifs en raison de conditions de marché difficiles et subira de nouvelles dépréciations.

Suspendu depuis lundi à la demande de l’Autorité des marchés financiersl’action Orpéa accuse une chute vertigineuse ce mercredi. Le titre plongeait ainsi de 32,7% à 9,92 euros vers 10h30, la plus forte baisse de l’indice SBF 120, et perdait 83% depuis le 1er janvier.

Une réaction logique aux annonces faites par le groupe. Effondré sous une dette brute de 9,5 milliards d’euros, dont 2,4 milliards à payer en décembre prochain, Orpéa Vous discuterez avec vos prêteurs pour restructurer votre passif.

L’exploitant d’EHPAD a ainsi annoncé avoir obtenu l’ouverture d’une procédure de conciliation amiable avec le président du tribunal de Nanterre. “Le but de cette procédure est de permettre Orpéa SA de participer avec ses créanciers financiers aux discussions relatives à la restructuration de sa dette financière, à l’obtention de nouvelles ressources financières et à l’ajustement de ses accords, dans un cadre stable et juridiquement sécurisé.

Une forte dilution est attendue

Orpea explique que les possibilités envisagées à ce stade comprennent notamment la conversion de sa dette non garantie en capital, qui représente un total de 4 300 millions d’euros. Une telle mesure serait donc synonyme de forte dilution pour les actionnaires actuels du groupe, dont la capitalisation boursière s’élève à seulement 650 millions d’euros.

“Tous les créanciers deOrpéa Elle n’acceptera probablement pas la proposition de transformation (ainsi la totalité des 4,3 milliards d’euros ne reviendra pas au capital de l’entreprise, par rapport à sa capitalisation actuelle de 650 millions d’euros), mais une augmentation de capital significative semble inévitable et donc une dilution forte et impérative si la entreprise est d’éviter la faillite », explique Yi Zhong, analyste au bureau d’études indépendant AlphaValue.

L’exploitant d’EHPAD entend également modifier ses “covenants”, c’est-à-dire les paramètres financiers que le groupe doit respecter à certaines périodes, au cas où ses créanciers ne pourraient exiger le remboursement des fonds empruntés. Par exemple, l’un des « covenants » de l’entreprise lui impose de comptabiliser une dette nette hors immobilier inférieure à 5,5 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda) moins 6 % du montant de la dette nette immobilière. Orpéa elle considère donc qu’elle n’est pas en mesure de respecter ces « pactes ».

En effet, le groupe fait face à des résultats financiers dégradés, avec une rentabilité au premier semestre plombée par des surcoûts tant énergétiques que salariaux. “La tendance baissière des performances économiques des activités observée au premier semestre 2022 se prolonge au second semestre, notamment en raison de la hausse importante des coûts d’achat du groupe, particulièrement marquée dans l’énergie et l’alimentation”, a-t-il indiqué dans ce point. l’entreprise.

En outre, les tendances du marché ont sapé son programme de cession d’actifs de plus de 3 milliards d’euros annoncé en juin. “Le contexte récent et l’attentisme qu’il a induit sur le marché des transactions immobilières compromettent la poursuite de ce programme de cession d’actifs dans les termes établis et impactent nécessairement les conditions de liquidité desdits actifs”, a averti la société.

“La performance opérationnelle après le scandale deOrpéa il a du mal à supporter sa dette exorbitante et les ventes d’actifs prévues n’ont pas progressé comme prévu. Si les deals sont prévus pour mai 2023, l’entreprise anticipe déjà la nécessité de renégocier sa dette par anticipation, ce qui est une mauvaise surprise, surtout compte tenu du refus du PDG la semaine dernière », explique Yi Zhong. Dans une interview c’est Revenu le 20 octobre, le directeur général, Laurent Guillot, avait déclaré qu’« il [était] il n’est pas nécessaire de renégocier nos dettes à l’avance.

« Ces très mauvais signes alertent sur la santé et surtout la viabilité du profil financier deOrpéaet augmenter la possibilité de faillite », a poursuivi Yi Zhong.

Un plan de transformation mi-novembre

Orpea a également indiqué qu’il prévoyait d’autres dépréciations d’actifs à fin décembre, qui seraient comprises entre 2 100 et 2 500 millions d’euros avant impôts. Ces montants comprennent notamment la réévaluation des actifs immobiliers du groupe. D’autres dépréciations pourraient survenir, a averti la société.

Orpea vit une véritable torture boursière depuis la parution du livre les fossoyeurs dont les accusations de maltraitance de ses pensionnaires l’avaient conduit, notamment, à confier un audit indépendant à deux cabinets, Grant Thornton et Alvarez & Marsal. Les résultats de cet audit avaient confirmé plusieurs lacunes, notamment dans la gestion des ressources humaines, mais avaient également écarté l’existence d’un système de rationnement de la nourriture fournie aux résidents. En France, la justice a ouvert une enquête préliminaire pour maltraitance institutionnelle.

La nouvelle équipe dirigeanteOrpéa elle devra présenter un plan de transformation le 15 novembre, après avoir fait les premiers pas pour améliorer ses pratiques.

Julien Marion – ©2022 BFM Bourse

Suivez-vous cette action ?

Recevez toutes les informations d’ORPEA en temps réel :


Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*