Origine du virus, traitements, hospitalisations… Ce qu’il faut savoir sur la bronchiolite – Libération

Avec une forte augmentation du nombre d’enfants aux urgences ces derniers jours, l’épidémie de bronchiolite se révèle précoce cette année. Sans effusion de sang, les services pédiatriques peinent à encaisser le coup.

À titre d’indicateur… L’épidémie de bronchiolite frappe là où elle fait le plus mal : le manque de moyens alloués au système de santé. L’augmentation “important, rapide et précoce” Les indicateurs épidémiques, relevés mercredi par Santé publique France, mettent la pression sur les services pédiatriques. Contrairement au Covid, les professionnels de santé connaissent très bien la maladie mais ont du mal à y répondre correctement. Fermetures de lits, pénurie de soignants et des conditions de travail néfastes, facteurs qui poussent le personnel à quitter les hôpitaux publics. Sortie regarde avec les connaisseurs.

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite est une maladie respiratoire des petites bronches, causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), qui touche les enfants de moins de deux ans. Les symptômes les plus courants sont le rhume et la toux, qui peuvent devenir plus fréquents. Elle guérit souvent spontanément au bout de dix jours, bien que la toux puisse persister. De la fièvre peut également être présente. Bien que la plupart du temps bénigne, elle représente un risque particulier “pour les bébés prématurés et les personnes souffrant de maladies cardiaques ou chroniques”, expliquer à Sortie Pr Olivier Brissaud, chef du service de réanimation pédiatrique du CHU de Bordeaux.

La maladie est très contagieuse et se transmet par les voies respiratoires et par contact avec les mains et certains objets. Il est possible de le prévenir et de réduire les risques en “lavez-vous les mains, portez un masque quand vous avez un rhume et évitez d’avoir trop de monde à la maison”raconte le pédiatre Rémi Salomon, directeur du service de néphrologie pédiatrique à l’hôpital Necker-Enfants malades.

Quels traitements ?

Le protocole de traitement le plus courant consiste à “nettoyer le nez et donner des médicaments contre la fièvre lorsqu’il n’y a pas de signes respiratoires”, selon le professeur Brissaud. Les choses se compliquent lorsque l’enfant a du mal à respirer. Dans ce cas “Il faut aller à l’hôpital et donner de l’oxygène à l’enfant”. Pour les patients très malades, il est nécessaire d’utiliser “à l’assistance respiratoire invasive, avec intubations”. À l’hôpital, “On ne donne pas d’antibiotiques sauf s’il y a surinfection par une bactérie”, poursuit le professeur Brissaud.

Jusqu’à présent, il n’existe pas de véritable vaccin contre la bronchiolite. En échange, l’Union européenne vient d’approuver un traitement préventif, immunothérapie passive, développée par Sanofi et AstraZeneca. Il sera disponible à partir de 2023. C’est le premier médicament capable de prévenir les formes sévères de bronchiolite chez tous les bébés, avec une seule dose. Elle consiste à injecter des anticorps monoclonaux, c’est-à-dire des anticorps synthétiques produits en laboratoire. « Ce nouveau traitement est une avancée importante. L’avantage est qu’il a une durée de vie plus longue que le traitement que nous connaissions déjà. Il a été fabriqué de manière à protéger l’enfant pendant six mois, bien que l’efficacité diminue après le troisième mois.décrypte Olivier Brissaud.

Il existe actuellement un traitement préventif mais réservé aux enfants à risque ou prématurés : Synargis, commercialisé par AstraZeneca. Il nécessite une dose par mois, d’octobre à février.

S’agit-il d’une épidémie exceptionnelle ?

Selon les dernières données publiées par Santé publique France, au total 6 167 enfants de moins de 2 ans se sont présentés aux urgences pour bronchiolite en France métropolitaine durant la semaine du 24 au 30 octobre, soit un bond de 47 % par rapport à la semaine précédente. Et près de 1 980 d’entre eux ont finalement été hospitalisés. « Si on se basait sur les courbes des années précédentes, on serait au début du pic. Il est concevable que nous ayons encore entre quatre et cinq semaines de pointe. Cependant, il est impossible de dire à quelle date nous commencerons à procréer, explique le Pr Laurent Dupic, responsable du Smur pédiatrique à l’hôpital Necker et membre du Collectif pédiatrique interhospitalier. C’est une année forte, certes, mais ce n’est pas le delta d’importance qui bouleverse le système, c’est le fait qu’il n’y a pas assez de lits. Son collègue Rémi Salomon appuie ces propos : “Je ne dis pas que l’épidémie hivernale n’est pas forte, mais elle pourrait être gérée avec plus de moyens. Nous manquons de médecins en ville et nous sommes obligés de transférer des patients car nous sommes débordés.

« Les urgences sont la porte d’entrée et le personnel est en grande difficulté. Au CHU de Bordeaux, il y a entre 170 et 190 visites par jour. Les enfants sont généralement très jeunes et votre maladie respiratoire est assez grave. Les hospitalisations ont un peu augmentéexplique le professeur Brissaud. Pourtant, cette maladie est connue des professionnels de santé depuis une quarantaine d’années et ils savent comment la traiter. “Le problème n’est pas la bronchiolite en soi, ce qui se passe, c’est que l’hôpital est en train de mourir et nous devons le traiter”, Il souligne.

Pourquoi les hôpitaux sont-ils si stressés ?

Si les hôpitaux peinent à faire face à la flambée des cas, ce n’est pas à cause de l’épidémie. Pour les professionnels ça n’a rien à voir non plus avec le Covid, c’est toujours une question de moyens. Cette année «Les hôpitaux ont lancé des plans blancs comme la situation est presque la même année après annéesouligne le professeur Brissaud. La grande différence, c’est qu’en 2022 nous sommes repartis avec moins de lits d’hôpitaux.

A Paris, par exemple, « Nous allons maintenir les enfants qui ont besoin de réanimation dans le service classique en attendant qu’une place se libère. Nous avons un arriéré dans les soins aux patients, ce qui rend la situation catastrophique et insoutenable.se lamente Laurent Dupic. En plus des transferts, qui ne sont pas sans risque pour les jeunes patients nécessitant une hospitalisation imminente et des traitements spécifiques. Pour lui, « La Présidence de la République et l’ARS n’ont pas écouté les signaux d’alarme envoyés par les populations sur le terrain. Ils ont prévenu que nous nous dirigions vers une situation imminente qui était au mieux tendue, au pire catastrophique..

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