Ne faut-il pas parfois ignorer ces grandes compétitions qui reviennent chaque année ?

Il y a des souvenirs d’enfance qui refont surface comme ça, sans prévenir. Comme penser à Jackson Richardson dès que vous écrivez sur le handball, et vous rappeler en un clin d’œil que vous étiez encore sceptique quant à son nombre de sélections avec les Bleus. Comment est-ce 417? Impossible, alors que Lilian Thuram, en football, n’a pas dépassé les 150 sélections. Et puis, on a grandi et compris : les compétitions de roundball n’étaient, à l’époque (non merci à la FIFA pour le changement), pas légion. Dans la main, c’est l’inverse.

Les compétitions internationales handballC’est un peu comme ” La voix “ ou “Koh-Lanta” sur TF1, revenez vite. Trop vite. les compagnons deEstelle je suis minko ils ont donc droit à un Euro cette année (du 4 au 20 novembre au Monténégro, en Slovénie et en Macédoine du Nord), à la Coupe du monde l’an prochain, aux Jeux Olympiques et à un Euro en 2024, avant de renouer avec une Coupe du monde en 2025. etc Plus de compétitions, donc plus de visibilité, donc plus d’argent, donc plus de moyens pour développer un sport même relativement mineur. Telle est la vie des amateurs de roucoulettes et de chabalas.

“pas d’ennui”

De quoi se demander si ces séquences ne font pas plus mal à la main qu’autre chose. Un éminent journaliste de son journal préféré n’a pas caché sa surprise et son désarroi lorsqu’il a appris qu’un nouveau concours allait se tenir début novembre, dans lequel l’accent serait mis sur la Coupe du monde de football. Mais rassurez-vous, nous serons là pour suivre les nouvelles aventures des Bleues, après avoir décroché l’or aux JO et l’argent à la Coupe du monde et au dernier Championnat d’Europe.

Quant aux joueurs, n’en avez-vous pas un peu marre d’enchaîner chaque année une belle compétition ? “Pour moi, c’est toujours un honneur de recevoir une convocation en équipe de France pour une compétition, car on ne sait pas si un jour on en jouera une autre, si on pourra gagner d’autres titres.” explique l’ailier gauche des Bleues. Chloé Valentini (27 ans). Alors je prends tout ce que j’ai à prendre. Même son de cloche avec sa compagne Laura Flippes (27 ans), qui a pourtant tout gagné avec les Bleues :

Il n’y a pas de fatigue à jouer toutes ces compétitions, au contraire. Je pense que c’est une chance incroyable de pouvoir en faire partie pendant plusieurs années. Nous ne banalisons pas ces concours, car nous savons ce qu’ils représentent, leur valeur. On ne se dit pas qu’on va en laisser un de côté car il y en aura un autre un an plus tard. Cela reste un titre à jamais. Nous aspirons aux médailles. Et moi, j’ai l’impression que plus tu gagnes, plus tu en veux. »

Krumbholz a proposé à ses joueurs de faire des impasses

Du haut de ses 270 sélections (Lilian Thuram y répond), Camille Ayglon-Saurina a aujourd’hui le recul nécessaire pour évoquer ces séquences JO-Euro-Coupe du monde-Coupe des 4 Maisons-Hunger Games. “Vous ne voulez jamais manquer une compétition avec L’équipe française, car ce sont de beaux événements à vivre, d’autant plus qu’on n’y va jamais pour faire des extras. Mais, et aujourd’hui je m’en rends compte encore plus car je suis hors système, les séquences sont dingues. L’envie de faire l’impasse sur une compétition, par exemple celle post-olympique, a beaucoup de sens, car il y a deux saisons qui se succèdent. La compétition qui vient après les JO est de loin la plus compliquée. »

Selon l’ancien international (39 ans), Olivier Krumbholz Entraîneur bleu, avait proposé à certains de ses cadres de sauter certaines compétitions. Les joueurs en ont également parlé entre eux. Mais cela n’a pas été suivi d’action. « Prendre le risque de faire l’impasse sur une compétition, face à une dynamique de groupe et d’équipe, est une démarche un peu particulière, poursuit Camille Ayglon-Saurina. Et puis l’équipe de France féminine est tellement dense qu’on n’a pas la capacité de revenir comme ça la prochaine fois. »

Et puis, rater un Championnat d’Europe ou une Coupe du monde, c’est aussi une occasion en moins de se mettre en valeur, d’attirer le regard des recruteurs ou de décrocher un meilleur contrat. « Les compétitions internationales sont très importantes pour cela, confirme Roman Kuzminac, agent de plusieurs internationaux. Tous les clubs regardent, beaucoup sont présents sur place. Et c’est encore plus valable pour un Championnat d’Europe, où les matchs sont plus durs, comme au foot. Les clubs qui posent des questions sur les joueurs, par exemple, attendent généralement une compétition internationale pour aller plus loin. »

Encore plus compliqué pour les mamans

C’est ainsi que les joueurs continuent, au club et avec l’équipe nationale. Pour Chloé Valentini, par exemple, il a fallu changer rapidement : un match de Ligue des champions samedi et une rencontre avec l’équipe de France dimanche pour démarrer la préparation. “C’est sûr qu’il y a des moments plus durs que d’autres, mais c’est pour ça qu’on travaille”, confie Laura Flippes, qui joue à Paris 92. Quand j’écoute mes coéquipières qui sont en vacances, parfois à la plage, ben… Et puis, quand on y pense, je me dis que je préférerais dix fois ma situation, celle que je traverse, que d’être en vacances. »

Je ne suis pas sûre que les mères du groupe aient forcément cet avis tranché. Dans une interview accordée à Marie Claire, Cléopâtre Darleux a déclaré que son « rapport à ces rencontres et concours était complètement différent, car je suis maman. C’est toujours plus dur pour moi de partir, et je le ressens même en club. »

Un avis partagé par Camille Ayglon-Saurina, qui a repris sa carrière après avoir eu son premier enfant en 2013 : « On a beaucoup plus tendance à partir quand on n’a pas d’enfant. C’est plus compliqué à gérer, surtout quand ils sont très jeunes, quand on peut rater les premiers pas, les étapes importantes. Un mois c’est long. Ce furent forcément des moments difficiles. Et le fait de revenir avec une médaille, c’était un peu pour légitimer ces efforts et donner un peu de sens à cette absence. Nous souhaitons donc que Cléopâtre Darleux ramène à son petit Olympe le plus beau des métaux.

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