Mort de Pierre Soulages, le peintre qui illuminait les ténèbres

Pierre Soulages, star mondiale de peindre Connue pour ses peintures aux nuances infinies de noir, elle s’est éteinte dans la nuit de mardi à mercredi 27 octobre, à l’âge de 102 ans. Noir pur, réussi à faire ressortir la lumière. Créateur intransigeant tombé dans l’outrenoir en 1979, il n’a cessé d’explorer les mystères de ce pigment et de la peinture. Pendant plus de 75 ans, il trace inlassablement son chemin, s’attirant la reconnaissance des institutions culturelles et du marché de l’art. Retour, en images, sur le travail d’un des artistes Français le mieux noté de son vivant.

Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • Au Centre Pompidou à Paris, le mardi 13 octobre 2009, à la veille du vernissage d’une exposition de l’artiste Pierre Soulages. — REMY DE MAUVINIERE/AP/SIPA

    Soulages est né le 24 décembre 1919 dans une modeste maison du début du XIXe siècle. Son père, carrossier, meurt alors qu’il n’a que cinq ans. Il a été élevé par sa mère, qui tenait un magasin d’articles de chasse et de pêche.

  • Exposition “Pierre Soulages” le 1er octobre 2010 au Martin-Gropius-Bau à Berlin. — JOHANNES EISELE/AFP

    Très vite, Soulages dédaigne les “jolies couleurs d’aquarelle” et peint des arbres en hiver, branches nues, effets de neige à l’encre.

  • Une femme passe devant des tableaux des artistes Judit Reigl, Pierre Soulages, Jean Degottex au musée des Beaux-Arts de Nantes, le 16 août 2018. – SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

    En 1947, le jeune peintre s’installe à Paris, où il est remarqué et encouragé par Francis Picabia, ainsi que par Fernand Léger.

  • Une photo montre des peintures de l’artiste français Pierre Soulages le 12 octobre 2009 au Centre Pompidou à Paris. — PIERRE VERDY/AFP

    La peinture abstraite était alors populaire. Mais c’est rouge, jaune, bleu. Soulages choisit de travailler l’humble coquille de noyer, utilisée pour teinter le bois, et les pinceaux de peintre en bâtiment.

  • Le Centre Pompidou expose les derniers tableaux acquis auprès de Pierre Soulages, à Paris, le 9 décembre 2019. — GUINIÉS/SIPA

    Dans les années 1950, ses peintures entrent dans les musées les plus prestigieux du monde comme le Guggenheim à New York ou la Tate Gallery à Londres.

  • Le Centre Pompidou expose les derniers tableaux acquis auprès de Pierre Soulages, à Paris, le 9 décembre 2019. — GUINIÉS/SIPA

    De grandes toiles des années 1950 à 1970 témoignent du travail du peintre sur le clair-obscur. Le noir s’affirme par rapport aux autres couleurs comme le rouge ou le bleu, notamment grâce à la technique du grattage.

  • Une photo montre des peintures de l’artiste français Pierre Soulages le 12 octobre 2009 au Centre Pompidou à Paris. — PIERRE VERDY/AFP

    L’artiste, qui préfère travailler à plat, passe à l’outrenoir en 1979 : alors qu’il se débat sur une œuvre entièrement recouverte d’un noir épais, Soulages se rend compte qu’il vient de faire un pas en la grattant.

  • Exposition consacrée à l’oeuvre de Pierre Soulages intitulée “Soulages XXIe siècle” le 11 octobre 2012 au Musée des Beaux-Arts de Lyon. — PHILIPPE DESMAZES/AFP

    “J’étais au-delà des ténèbres, dans un autre champ mental”, a-t-il déclaré. « Le pot avec lequel je peins est noir. Mais c’est la lumière, diffusée par les reflets, qui compte. »

  • Un visiteur regarde des oeuvres du peintre, graveur et sculpteur français Pierre Soulages au musée Outrenoir le 28 mai 2014 dans la ville de Rodez. — PASCAL PAVÁNI/AFP

    En 1986, l’État commande plus de 100 vitraux pour l’abbaye de Sainte-Foy de Conques, inaugurée en 1994.

  • Illustration de l’Abbaye Sainte-Foy de Conques en Aveyron. — FRANK LODI/SIPA

    C’est lors d’une visite scolaire que Pierre Soulages, adolescent, a une révélation sur la beauté de cette église romane : il sera peintre.

  • Le peintre français Pierre Soulages pose parmi certaines de ses toiles lors de la présentation de son exposition “Pierre Soulages” le 1er octobre 2010 au Martin-Gropius-Bau à Berlin. — JOHANNES EISELE/AFP

    Grand, toujours vêtu de noir, Soulages est devenu mondialement célèbre grâce à ses grandes toiles aux mille nuances de noir.

  • Le Musée Soulages de Rodez, conçu par le groupe d’architectes RCR, Rafael Aranda, Carmen Pigem et Ramon Vilaltz. — MARIO FOURMY/TASSES

    En mai 2014 – il a alors 94 ans – il a le rare privilège d’assister à l’ouverture à Rodez, sa ville natale, d’un musée entièrement dédié à son œuvre.

  • Le musée Pierre Soulages, le 11 avril 2014 à Rodez, devrait ouvrir ses portes en mai 2014. — PATRICK AVENTUREUX/SIPA

    Pendant plus de 75 ans, il trace inlassablement sa route, s’attirant la reconnaissance des institutions culturelles et du marché de l’art, faisant de lui l’un des artistes français les plus appréciés de son vivant.

  • Un visiteur regarde une peinture de l’artiste français Pierre Soulages dans le cadre de l’exposition “Soulages 21e siècle” à la Villa Médicis le 1er mars 2013 à Rome. — GABRIEL BOUYS/AFP

    Le 27 novembre 2019, il devient le peintre français vivant le plus cher avec la vente d’une toile pour 9,6 M€ à Paris.

  • Une femme regarde des peintures de l’artiste français Pierre Soulages exposées lors d’une exposition le 28 janvier 2010 au centre Georges Pompidou à Paris. — Loïc Venance/AFP

    Record battu avec une toile vendue 20,2 millions de dollars, à New York, le 16 novembre 2021.

  • Peintre, graveur et sculpteur français, Pierre Soulages pose devant son tableau au musée du maître “Outrenoir”, le 28 mai 2014, à Rodez. — PASCAL PAVÁNI/AFP

    “J’aime l’autorité du noir, son sérieux, son évidence, sa radicalité (…) Le noir a des possibilités insoupçonnées”, a déclaré l’artiste, l’un des rares à avoir eu les honneurs du Louvre de son vivant. Jusque-là, seuls Picasso et Chagall avaient eu ce privilège.

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