Le Credit Suisse va supprimer 9 000 emplois dans le monde

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banqueLe Credit Suisse va supprimer 2000 emplois en Suisse en trois ans

Avec une perte de quatre milliards de francs au troisième trimestre, la banque a annoncé une restructuration radicale. D’ici 2025, 9 000 emplois seront supprimés dans le monde, dont 2 700 avant la fin de 2022.

Au Credit Suisse, une réduction de 2700 postes pour le quatrième trimestre est déjà en cours.

Au Credit Suisse, une réduction de 2700 postes pour le quatrième trimestre est déjà en cours.

Reuters

Credit Suisse a publié ce jeudi matin ses chiffres du troisième trimestre 2022. La banque, empêtrée dans scandales à répétition, a enregistré une perte de plus de quatre milliards de francs. “Nous avons enregistré une perte nette attribuable aux actionnaires de quatre milliards de francs, contre un bénéfice net de 434 millions de francs au troisième trimestre 2021”, indique-t-il dans un communiqué.

Le Credit Suisse annonce une transformation “radicale” de sa banque d’investissement, provoquant de lourdes pertes qui ont plongé ses comptes dans le rouge, ainsi que d’importantes réductions de coûts et de personnel. On sait déjà que 9.000 emplois seront supprimés d’ici 2025. L’effectif sera réduit à 43.000 salariés à temps plein, contre 52.000 actuellement, tant par des licenciements que par des départs naturels, indique Credit Suisse, précisant qu’une réduction de 2.700 postes pour le quatrième trimestre. L’institution a l’intention de réduire sa base de coûts de quinze pour cent.

Sa banque d’affaires, qui a essuyé une perte avant impôts de plus de 1,6 milliard de francs sur les neuf premiers mois de 2022, va se recentrer sur les activités les plus utiles à la gestion de fortune et à la gestion d’actifs. La banque relancera sa marque First Boston, du nom d’une banque d’investissement américaine rachetée en 1990.

La succursale qui serait rebaptisée CS First Boston combinera ses activités de conseil et de marchés de capitaux après une période de transition, explique la banque, qui est particulièrement active dans le conseil en matière de fusions et acquisitions. Une grande partie de ses produits titrisés, des produits structurés très rémunérateurs, seront également transférés à un groupe dans les sociétés d’investissement Apollo Global Management et Pimco.

La banque saoudienne investira

Pour financer son importante restructuration, la banque entend lancer une augmentation de capital d’environ 4 milliards de francs suisses. La Banque nationale saoudienne investira 1 500 millions de francs dans cette augmentation de capital, qui s’adressera aux investisseurs professionnels, portant sa participation dans la banque à 9,9%. Il deviendra ainsi l’un de ses actionnaires de référence aux côtés de la société américaine Harris Associates, qui avait doublé sa participation durant l’été, à hauteur de 10,05%, et du fonds souverain du Qatar, qui détient 5,03%.

“Nous transformons fondamentalement la banque d’investissement pour créer une nouvelle banque plus simple, plus stable et avec un modèle commercial plus centré sur le client.”

Ulrich Korner, PDG du Credit Suisse

Selon le PDG de la deuxième banque suisse, Ulrich Körner, «c’est un moment historique pour le Credit Suisse. Nous transformons fondamentalement la banque d’investissement pour créer une nouvelle banque plus simple, plus stable et avec un modèle économique plus axé sur les besoins des clients.

scandales

Le Credit Suisse a été secoué par des scandales à répétition depuis la faillite en mars 2021 de la société financière britannique Greensill, dans laquelle dix milliards de dollars avaient été engagés à travers quatre fonds, puis par l’implosion peu après du fonds américain Archegos, qui lui en a coûté plus de cinq. Milliards de dollars.

“On s’attendait à ce que la Suisse soit moins touchée”

Pour l’Association suisse des employés de banque (ASEB), l’annonce de ces suppressions de postes (2’000 en Suisse d’ici 2025) est difficile à digérer. Dans un communiqué, elle exige que « le plan social existant soit mis en œuvre afin que les licenciements causent le moins de dégâts possible ». Son manager à Romand, Clément Dubois, a même déclaré, à “12h45” sur RTS, que pour les intéressés “c’est le ciel qui leur tombe sur la tête”. “Evidemment c’est une baisse considérable, on s’attendait à ce que la Suisse soit moins touchée. Parce qu’en Suisse la banque fonctionne plutôt bien, elle est rentable et les problèmes ne viennent pas de Suisse !

Pour l’ASEB, la surprise est pour le moins désagréable. “Nous n’avons pas encore eu de détails sur ces suppressions d’emplois du Credit Suisse”, poursuit Clément Dubois. « Nous attendons et demandons des explications », car les informations officielles de la banque « ne contenaient pas ce chiffre de 2 000 suppressions d’emplois. C’est le président de la banque, Axel Lehmann, qui l’a donné à la radio ». /ftr

Le titre a perdu des plumes

A 11h02, le Credit Suisse chutait de 14,65% à 4’065 francs, tandis que le SMI, l’indice de référence de la bourse suisse, perdait 0,45%. Depuis la faillite de la société financière britannique Greensill, en mars 2021, qui a marqué le début de ses trébuchements, la Bourse a perdu 64 %, atteignant un plus bas historique début octobre, à 3 158 francs.

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(ftr-afp)

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