La mini-série Arte transforme Audrey Fleurot en caméra glaçante

Un face à face troublant entre une mère et sa fille. Adapté du roman homonyme de l’américain Laura Kasischke, esprit d’hiverune mini-série en trois épisodes, est mise en ligne sur Arte.tv ce jeudi avant sa diffusion sur le chaîne franco-allemande 10 novembre à 20h55 elle met en scène audrey fleurot dans le rôle de Nathalie (la mère) et Lily Taïeb dans celui de la fille (Alice), protagoniste d’un étrange huis clos d’hiver, minutieusement réalisé par Cyril Mennegun (louis wimmerCésar 2013 du meilleur premier film, confort). pour l’héroïne HPI, est un détournement qui lui permet de révéler de nouvelles facettes de son talent. Elle est incroyable dans ce thriller psychologique enneigé aux accents sombres et glacés.

« On a voulu plonger dans le genre, mais avec des thématiques qui nous obsèdent un peu toutes les deux, autour de figures d’artistes féminines, des relations mère-fils. Cyril, qui est un grand lecteur, a suggéré esprit d’hiver et c’était évident”, raconte la scénariste Florence Vignon qui 20 minutes nous nous sommes rencontrés lors d’une table ronde à Festival de la fiction télévisée de La Rochelle.

Audrey Fleurot en blonde par Hitchcock

Dans esprit d’hiver, Audrey Fleurot incarne ainsi Nathalie, une romancière tourmentée et sans inspiration depuis des années, qui retrouve sa capacité à imaginer une histoire le soir de Noël et laisse courir les mots sur le papier jusqu’à l’aube. A des centaines de kilomètres de là, dans un orphelinat roumain, Iona, 16 ans, met fin à ses jours.

“Je me suis dit que j’allais pouvoir travailler sur quelque chose qui m’était rarement demandé, ou que je n’avais pas forcément eu l’occasion d’explorer”, se réjouit l’actrice. Troublée et maussade, Nathalie a tout ce qui fait une héroïne hitchcockienne : « Ce personnage est constamment à la limite, dans un lieu de fragilité et de féminité qui ne m’apparaît pas, avoue Audrey Fleurot.

Pour ce rôle, son interprète se teint les cheveux en blond. “J’étais très content de ce changement de tête, car ne pas se reconnaître dans le miroir aide considérablement à incarner un personnage. J’ai eu l’impression de voir mille et une autres actrices, une sorte d’éternel féminin aussi. M’oublier, c’était super… Bien que je ne me définisse pas uniquement par la couleur de mes cheveux ! “, elle explique.

« Audrey se donne vraiment à fond, elle a une façon de travailler très impressionnante. Il plaisante et on se demande quand il se concentre. Et en même temps, quand la caméra démarre, elle est là, présente à 100 % », raconte le réalisateur Cyril Mennegun.

“Maternité impossible et enfance brisée”

Se réveillant dans leur chalet isolé à la montagne, Marc (Cédric Kahn), son mari, part chercher ses parents à l’aéroport tandis que Nathalie commence les préparatifs du déjeuner de Noël, en espérant que leur fille de 16 ans, Alice, acceptera de T’aider.

Une caméra de plus en plus curieuse est alors installée où se mêlent les images du personnage du roman de Nathalie, qui a les traits d’Iona, un fort tête-à-tête entre une mère et sa fille adolescente, mais aussi des événements troublants comme l’apparition de cet étrange personnage. devant une des fenêtres du chalet, ainsi que des flashbacks où l’on apprend qu’Alice a été adoptée.

“Cette femme a un désir très fort d’adopter cet enfant, qui n’a pas été contacté comme elle le souhaitait, car elle sent viscéralement que quelque chose ne va pas”, explique Audrey Flower. esprit d’hiver explore la question de la maternité impossible et de l’enfance brisée, le lien entre une mère et son fils adoptif, et la relation difficile entre une mère et sa fille adolescente.

« Nous sommes passés par toutes les phases auxquelles vous pouvez faire face en tant que mère ! Soit vous aimez trop, soit pas assez, vous n’êtes jamais au bon endroit, etc. Bref, tout est de la faute des mères”, s’amuse l’actrice. Et d’ajouter : « C’est une mère qui essaie de continuer à avoir ce lien de complicité face à une jeune adulte en train de lui échapper, qui a besoin de se construire. »

« Mon personnage a 16 ans. Quand on sort de l’adolescence, on a complètement oublié pourquoi on était en colère, mais on a été en colère pendant des années », raconte Lily Taïeb. Mère et fille s’affrontent ici autant qu’elles essaient d’exprimer leur amour.

Le labyrinthe d’Alice

esprit d’hiver il a été tourné presque entièrement en studio. « Nous avons plus de notions de temps dans un studio. Nous sommes enfermés dans un cube, dans une fausse maison. Cette mise en abyme est amusante, c’est un décor et il y a ce truc méta de la création, c’est assez déstabilisant », ajoute Audrey Fleurot.

La décoration du chalet a été conçue comme une sorte de labyrinthe, clin d’œil au chef-d’œuvre de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. « Cette maison représente Nathalie, qui elle est en elle-même. Il y a quelque chose de très clos, de très isolé, de très fermé”, souligne Cyril Mennegun.

Au fil des épisodes, l’atmosphère devient de plus en plus étouffante, la frontière entre illusion et réalité de plus en plus poreuse… Cyril Mennegun construit un savant jeu de piste fait de signes de symboles, comme l’intrigue liée au jour de Noël (et la Nativité) et une mère tourmentée par une adoption dans un orphelinat tenu par des religieuses. Une mini-série profonde et sombre qui peut être complètement revisitée et réinterprétée à la lumière de sa fin tordue.

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