“Je vais le jeter par la fenêtre et me tuer” : le terrible témoignage d’Eglantine Eméyé sur son fils autiste

Après l’accusation de la mère qui a tué son fils autiste de 11 ans à Marseille, l’animatrice de télévision a souhaité partager son expérience.

Après le meurtre de son fils de 11 ans autiste à Marseille, la mère a été inculpée. Pour essayer de comprendre le geste de cette mère, le programme C pour vous en France 5présenté par Anne-Elisabeth Lemoine a décidé de revenir sur le drame qui a fait beaucoup réagir, ce lundi 31 octobre.

Et pour clarifier la question, l’animatrice de télévision Eglantine Eméyé a été invitée. En fait, en tant que mère d’un enfant atteint d’autisme sévère, elle a parlé dans le passé de son combat. Notamment à travers une film documentaire il y a quelques années, “Mon fils un si long combat” où il a montré son quotidien avec son fils Samy. On a pu y voir son fils des nuits entières crier, se tabasser… Aujourd’hui, il a 17 ans et vit dans une institution spécialisée.

Mais aussi avec la création sonore. association “Un pas vers la vie”, dont le prochain projet est un apprentissage à domicile et privé qui va monter à Baillargues près de Montpellier.

“Une souffrance permanente et épouvantable”

Le présentateur livre un témoignage émouvant. Il précise d’emblée qu’après ce drame qui a touché cette famille marseillaise, ses pensées vont aux proches et à l’enfant.

Mais très vite il ajoute qu’il peut peut-être comprendre ce geste désespéré : « Mais pour l’avoir vécu… Il est très très courant queUne mère célibataire se retrouve à élever seule un garçon autiste. En premier lieu, le couple ne peut pas résister et parce que manque de soutien et quelqu’un doit s’en occuper. Ainsi, en général, les mères arrêtent de travailler, souvent “volontairement” entre guillemets pour faire face à la charge scolaire de leur enfant.

Avant de déclarer : « Sauf que nous ne sommes pas des éducateurs, des éducateurs spécialisés, formés pour ce type de trouble, qui est grave : il y a des gamins qu’ils ne parlent pas, que crie tropqui s’automutilent fourches jour et nuit.”

Et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il annonce : « Avec le cœur d’un père qui aime son fils, c’est une souffrance permanente. C’est une souffrance que nous vivons déjà carnous ne dormons pasque nous sommes épuisés, quenous ne savons pas comment faire et après c’est voir ton fils souffrir parce qu’un enfant qui ne peut pas s’exprimer, qui crie toute la journée, qui s’automutile, c’est une souffrance terrible ».

“Pas d’actualité, un fait social”

L’animateur tente d’expliquer que ce drame doit servir l’ensemble de la société. “Je pense qu’il faut être très solide pour endurer et aujourd’hui ce problème n’est pas que d’actualité, C’est un fait de société.”

Elle explique que les préoccupations concernant l’autisme une naissance sur 100 en France et aux États-Unis, c’est une naissance sur 50.

Avant de détailler la complexité de vivre avec un enfant autiste. “Nous ne pouvons pas les laisser seuls, mais pas deux minutes.”

“Je suis allé à la salle de bain avec la porte ouverte avec mon fils devant moi, même la douche est un problème“.

Elle en appelle à la bienveillance des gens face à des parents souvent épuisés et démunis. “Evidemment l’entourage, les voisins ont dû le voir, et je comprends que l’enfant fait peur mais au moins on peut demander à la mère comment il va.”

“Je suis sur le point de craquer”

Face à ce quotidien épuisant, il explique : « Nous voulons que cette situation se termine et je vais vous dire quelque chose qui va vous choquer, mais je parle tout le temps avec d’autres parents, parfois j’aide des parents qui se retrouvent dans des situations dramatiques. situations”. situations et qui appellent mon association, qui sont dans des situations similaires à celles que j’ai vécues, celles que cette mère a vécues et qui disent ne plus pouvoir le supporter.

Avant d’avouer : “Si on les laisse comme ça ils vont arriver à des extrêmes comme ça et j’avoue que ça m’est venu à l’esprit d’y penser. Je vais m’effondrer, je vais le jeter par la fenêtre et puis je vais me suicider parce que j’ai les nerfs à vif.”.

Je parle à d’autres parents [d’enfants autistes] : Ils me disent que si on les laisse comme ça ils craquent. J’avoue que j’y ai pensé, je me suis dit : je vais craquer, le jeter par la fenêtre et me tuer. – @Eglantine_EMEYE pic.twitter.com/tr6cJjBawm

— Matthieu Gariel #GloryUkraine \ud83c\uddfa\ud83c\udde6\ud83d\udd4a (@MatthieuGariel) 1 novembre 2022

Et de généraliser ses propos pour essayer de faire comprendre l’angoisse : « Je pense que si vous avez des enfants, ils sont tous passés par des nuits interminables avec un bébé qui n’arrête pas de pleurer, ça te tord l’estomac et en plus tu ne dors pas. Quand c’est notre quotidien jour et nuit depuis des années, je peux comprendre qu’à un moment donné on casse.”

Avant de déclarer : “Ce sont des choses qu’évidemment on n’ose pas dire.”

Le parcours du combattant pour trouver une place

Son fils est désormais admis dans un établissement spécialisé, mais elle avoue que c’est parce qu’elle est Eglantine Eméyé qu’elle a pu ouvrir des portes et trouver une place.

« Si je ne pense pas qu’aujourd’hui je suis encore avec mon fils qui a grandi, qui est devenu très fort et quand il veut donner un coup de pied et que je veux l’arrêter, je le prends. Il m’a dépassé en me disant que je partais. se casser une dent. Il n’essaie pas de me faire du mal.”

Même s’il reconnaît aussi : « J’ai trouvé un endroit mais disons que c’est le meilleur ou le moins pire endroit que je puisse trouver aujourd’huimoi, pas l’endroit idéal.

Dans ses structures il précise qu’il n’y a pas assez d’éducateurs, « plus personne ne veut travailler dans ce métier, c’est un métier épuisant, ils ne sont pas assez payés ».

“Je suis dans un établissement où au départ il y avait 4 pour 12, aujourd’hui ils sont 3 pour 16 et ça peut encore descendre et ils ne sont pas tous formés”.

il y a aussi “maisons de repos” qui permet d’héberger des enfants autistes le temps d’une journée ou d’un week-end pour que leurs parents puissent respirer et d’autres projets, notamment à travers l’association Eglantine Eméyé, notamment la création d’un centre d’accueil et d’apprentissage pour enfants avec autisme près de Montpellier.

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