Fin des voitures thermiques en 2035 : ce que les constructeurs ont réalisé pour polluer plus

L’accord signé le 27 octobre par les pays de l’Union européenne maintient le plan de réduction des émissions de CO₂ des véhicules thermiques. Cependant, certaines nuances se sont glissées dans la discussion.

Une nouvelle étape a été franchie le 27 octobre 2022, confirmant, une nouvelle fois, les ambitions de l’Europe de réduire les émissions de CO₂ des véhicules neufs. Le Conseil et le Parlement européen sont parvenus à un accord politique provisoire.

Après’approbation des textes au Parlement en juin 2022, l’accord devait être signé par tous les États membres. C’est déjà fait, mais certains compromis ont dû être faits pour arriver à ce résultat.

Trois échéances à retenir : 2026, 2030 et 2035

Plusieurs jalons ont été fixés pour cet objectif de réduction des émissions de CO₂ des véhicules en Europe :

  • D’ici 2030, l’industrie automobile devra avoir réduit ses émissions de CO₂ de 55 % pour les voitures neuves et de 50 % pour les camions.
  • D’ici 2035, l’objectif est une réduction de 100 % des émissions des voitures et camionnettes neuves. C’est l’objectif théorique des nouveaux véhicules thermiques.

L’accord contient également une clause de révision en 2026. À ce moment-là, la commission évaluera en profondeur les progrès réalisés dans la réduction des émissions de CO₂. La commission devra ensuite juger des progrès technologiques réalisés. Vous pourrez également décider de maintenir ou non des voitures hybrides rechargeables dans les véhicules autorisés à la vente..

Un autre élément nous interpelle dans les tâches du comité lors de cet examen. Il est précisé qu’il faudra aussi juger si les objectifs zéro émission définis sont maintenus » une transition viable et socialement juste. »

Par conséquent, la commission semble avoir la porte ouverte pour modifier le calendrier ou les conditions du système #Fitfor55 pour 2026.

Les Allemands ont réussi à obtenir une exception pour les carburants neutres en CO₂

Alors qu’ils auraient dû être exclus du dispositif, les carburants alternatifs ont réussi à mettre un pied dans la porte pour conserver la possibilité d’être autorisés. La Commission doit présenter une proposition sur l’immatriculation, après 2035, des véhicules qui roulent exclusivement avec des carburants neutres en CO₂.

Pascal Canfin, député européen et président de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, a commenté cet élément dans une publication LinkedIn : « Comme dans toute négociation pour trouver un compromis, le Parlement européen a dû « passer » le Conseil et accepter l’inclusion d’un considérant sur les carburants. Bien que le récit soit très vague et ne débouche sur rien de concret, il a stabilisé le soutien de l’Allemagne à cet accord.. »

Projet d'usine de carburant de synthèse Porsche // Source : Porsche
Projet d’usine de carburant synthétique Porsche. //Source : Porsche

On sait que des marques comme Porsche travaillent activement sur les carburants synthétiques, qui seraient neutres en carbone. Ils pourraient permettre de maintenir la commercialisation de véhicules neufs à moteur thermique fonctionnant avec cette nouvelle génération de carburants “plus verts”.

Quelques petits cadeaux pour certains bâtisseurs

L’accord, signé par les 27 États membres, maintient également l’exception pour les petits constructeurs qui produisent moins de 10 000 véhicules par an. Cette marque artisanale et/ou ultra-luxe pourra commercialiser des moteurs thermiques jusqu’à fin 2035 sans craindre les amendes CO₂ européennes.

Cependant, les constructeurs qui parviendront à réaliser un bon volume de ventes de véhicules bas CO₂ seront récompensés. Des objectifs CO₂ moins stricts peuvent leur être assignés pour d’autres moteurs de leur gamme. Pour simplifier le principe : pour 10 voitures électriques vendues, on peut polluer un peu plus avec d’autres motorisations plus polluantes.

Vous ne savez peut-être pas mais chaque constructeur a un objectif d’émissions annuel spécifique. Ainsi, Land Rover a un niveau d’émissions de CO₂ moins contraignant que des marques comme Toyota ou Peugeot, qui ont des seuils plus bas. Cela donne lieu à des négociations entre les constructeurs pour ne pas payer les amendes s’élevant à 95 euros par gramme de CO₂/km au-delà de l’objectif par véhicule immatriculé fixé pour la marque.

Euro 7 : un autre engagement hors négociations #Fitfor55, mais étrangement lié

Au sein des instances européennes, le sort de la norme Euro 7 pour les moteurs thermiques se joue actuellement.

Depuis plusieurs années, tous les moteurs des véhicules commercialisés doivent respecter la spécification Euro 6d qui a durci les règles imposées par la norme Euro 5. Dès lors, la nouvelle norme Euro 7 devait prendre le relais en 2025 ou 2026, avec notamment des restrictions toujours croissantes sur les émissions polluantes.

Voitures en ville // Source : Pixabay
Voitures dans la ville. // Police de caractère : pixabay

Sauf que développer une nouvelle génération de moteurs coûte cher, et les constructeurs disposent déjà de suffisamment d’investissements pour faire face aux obligations de passer à l’électrique. Sachant qu’en 2035 ils ne pourront plus commercialiser de nouveaux véhicules thermiques, ils ne voient pas l’intérêt de développer ces nouveaux et coûteux moteurs thermiques. Le lobbying s’est alors efforcé de retarder, puis d’alléger les textes et même d’espérer faire disparaître le passage à la norme Euro7.

Nous devrions nous pencher sur les textes relatifs à cette nouvelle règle en novembre. Il pense que la norme devrait être beaucoup moins ambitieuse que prévu. En attendant, si les fabricants sont assez confiants pour obtenir une norme moins stricte, cette solution ne plaît pas vraiment à tous les membres de l’Union européenne.

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