Fabian Ruiz change de braquet

FOCUS – Auteur de débuts timides, la débutante espagnole de 26 ans monte en puissance à Paris.

Alors que le PSG change de système, Fabián Ruiz change de braquet. En fait, les deux sont probablement liés… Recruté à la fin du marché des transferts l’été dernier après quatre (magnifiques) saisons à Naples, l’international espagnol (15 sélections, 1 but) n’a pas beaucoup impressionné au départ. Il faut dire que le 3-4-3 mis en place par Christophe Galtier dès le début laissait peu de place aux milieux de terrain, sachant que le couple Verratti/Vitinha s’est rapidement imposé. Ruiz n’a donc été titulaire d’aucun des quatre matchs du Paris-SG en Ligue des champions, même en restant sur le banc. contre la Juventus (2-1). Au gré des absences, de la gestion du temps de jeu en cette saison d’avant Coupe du monde, il a pourtant disputé les six derniers matches de Ligue 1 et a été injecté dans le onze de départ lors des cinq derniers. Assez bon à Lyon (0-1), neutre au mieux à Reims (0-0) et contre Nice (2-1) en 3-4-3, on l’a vu hausser le ton face à l’OM (1-0) et à Ajaccio (0-3), en 4-3-1-2.

La machine a-t-elle démarré ? Après Ajaccio, Galtier était en tout cas “pas surprispour la performance de l’ancien joueur du Betis Séville, se souvenant d’être tombé sous son charme, comme Luis Campos, lors de la Match nul entre Paris et Naples (2-2), en 2018, avec ce but salvateur d’Ángel Di María. «Il a eu une préparation compliquée puisqu’il s’apprêtait à partir. Il a été retiré du groupe en attendant son transfert et s’est entraîné seul. Il est arrivé en retard et court physiquement, avec très peu de séances au niveau technico-tactique. Nous savions qu’il faudrait du temps pour s’adapter et qu’il faudrait être patient.», raconte le technicien parisien, soulignant que l’intéressé «étapes n’ont pas été sautées. Il a fait le travail avec professionnalisme. Il faisait des séances supplémentaires, était là très tôt le matin et partait après les autres pour faire le plein sur le pouce.», a encore expliqué « Galette », convenant que «ses premières apparitions n’ont pas été à la hauteur des attentes. Il a gardé la confiance du groupe et de ses coéquipiers, on savait qu’il allait élever son niveau de jeu.»

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Entre Pastore et Motta

Fabián Ruiz, en effet, n’est pas un nouveau venu. On connaît la qualité de sa jambe gauche, sa capacité à jouer longtemps, à frapper la balle avec ses pieds, à manier le jeu… Un joueur élégant, parfois critiqué pour son dilettantisme et qui n’a pas toujours le contrecoup que son physique (1,89m) semble commander. Sur ce dernier point, l’intéressé a cependant montré qu’il pouvait aussi compter sur lui pour certains matches, en récoltant un nombre impressionnant de ballons et en se montrant solide dans les duels. Package complet, même si son palmarès construit plus le jeu de son équipe que de détruire l’adversaire, c’est un fait bien établi.

Certains ont vu dans ses dernières performances un savoureux mélange entre Javier Pastore et Thiago Motta. “C’est toujours bien d’être comparé à de grands joueurs, mais chacun a ses propres caractéristiques. J’essaie d’apporter ce que je peux faire», corrige-t-il, avant d’affronter le Maccabi Haïfa. “On a un peu galéré pendant 25-30 minutes (match aller), mais on a su renverser la vapeur et gagner (3-1). J’espère que nous pourrons avoir la même intensité. C’est un match très important pour nous, à domicile, avec nos supporters“, jure-t-il. Un match qui pourrait ouvrir les portes des huitièmes de finale du Paris-SG.

Nous avons de grands joueurs et Marco Verratti en fait partie.

Fabien Ruiz

Sauf surprise, Ruiz fera à nouveau partie du onze de départ dans ce nouveau milieu de trois hommes ce mardi (21h00), lors de la cinquième journée de C1. D’autant que l’incontournable Marco Verratti manque à l’appel. “Je le connaissais déjà, tout le monde le connaît en fait. C’est un grand joueur et une personne incroyable. Au début, cela m’a beaucoup aidé de savoir que je parle italien. Il m’a beaucoup parlé. C’est très facile de jouer à ses côtés, il a d’immenses qualités et il vous aide beaucoup. Nous avons de grands joueurs et Verratti en fait partie. C’est une grande satisfaction pour moi de jouer avec les plus grands.», savoure Ruiz, qui sait aussi l’importance d’un trio offensif composé de «trois joueurs de classe mondiale que tout entraîneur aimerait avoir», dixit Galtier, le fameux « MNM ». «Pour un milieu de terrain, c’est un grand plaisir d’avoir ces trois joueurs devant, de pouvoir leur passer le ballon et pour eux de trouver des solutions dans les matchs. Ce sont des joueurs incroyables, ils peuvent vous battre en une minute. Est essentiel. Je suis là pour qu’ils se sentent bien sur le terrain et pour contribuer autant que possible.“, il assure.

Il faudra voir si Ruiz a vraiment le matériel pour être un starter à part entière dans cette équipe galactique, celle qui a “Il a eu d’excellentes sensations lors des deux derniers matchs. J’espère que vous continuerez dans ce qui suit», aspire-t-il. Et ce, que Galtier opte pour le 4-3-1-2 ou le 3-4-3, ce qu’il a”pas radicalement abandonné». «Je peux m’adapter aux deux manières de jouer.», martèle-t-il.

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La Coupe du Monde… à domicile ?

Ça tombe bien, Christophe Galtier n’exclut pas l’idée de basculer entre les deux systèmes à l’avenir. L’entraîneur de 56 ans ne cache cependant pas que le niveau de Fabián Ruiz est l’une des raisons qui l’ont poussé à passer trois au milieu, en plus des absences de l’un et de l’autre à l’arrière. “J’ai à ma disposition des médias de qualité. Dans le premier modèle de jeu, cinq arrières avec deux milieux de terrain, ils étaient nombreux sur la touche. Il a fallu attendre que Fabián et d’autres montent en puissance pour travailler sur la réflexion qu’il avait. De toute évidence, Fabián joue dans une position qui lui est habituelle et dans une zone préférentielle, c’est là qu’il est le plus performant. Pour changer significativement une organisation et un modèle de jeu, j’ai besoin de joueurs très spécifiques. En ce sens, Fabian est un acteur spécifique par rapport à cette organisation.», explique l’ancien entraîneur de l’ASSE, Lille et Nice, conquis.

A priori, Luis Enrique l’est un peu moins… Champion d’Europe des moins de 21 ans avec l’Espagne en 2019, un an avant sa participation à la victoire d’une Coupe d’Italie à Naples, ses deux seuls trophées majeurs, Fabián Ruiz n’a pas été convoqué avec La Roja du Championnat d’Europe, à l’été 2021. Ne rêve même pas tout haut d’une place dans le groupe espagnol pour la Coupe du monde (20 novembre-18 décembre)… »Je n’ai aucun problème avec l’entraîneur, je n’en ai jamais. Je souhaite le meilleur pour mon pays. Mais je suis plus concentré sur le PSG, sur l’apport de tout ce que je peux à l’équipe et surtout sur le match (ce mardi). C’est la seule chose à laquelle je peux penser en ce moment», assure-t-il… en espagnol, dans le but de maîtriser la langue de Molière. “Je commence à prendre des cours et j’espère pouvoir donner ma prochaine conférence de presse en français.», s’amuse-t-il. En attendant, il parle déjà le même football que ses petits camarades du PSG, c’est le principal. A confirmer.

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