Euroapi : Quel est l’intérêt pour une société mère de se séparer de sa filiale en commercialisant séparément ?

(BFM Bourse) – Pour augmenter la valeur d’une industrie ou d’une filiale, une société mère peut décider de s’en séparer et de l’introduire en bourse. Les exemples sont nombreux à la Bourse de Paris. Arkema, Edenred et plus récemment Euroapi sont des sociétés cotées issues de spin-off. Dans certains cas, couper le cordon ombilical est un choix judicieux.

L’opération n’est pas passée inaperçue car elle a fait grand bruit. fin septembre, Volkswagen lancé avec succès sa marque de luxe Porsche en bourse, faisant de cette opération la plus importante d’Europe depuis 2011. Le géant automobile allemand envisageait depuis de nombreuses années de rendre publique sa filiale emblématique pour révéler la valeur de sa marque légendaire ancrée dans tout le groupe. Volkswagen.

Les divisions commerciales ou “spin-offs” en anglais, comme celle réalisée pour Porsche, sont courantes. Elles consistent à créer une entité indépendante à partir d’une branche d’activité, ou d’une filiale d’un groupe déjà consolidé. Lorsqu’une partie des titres de la filiale est conservée par la société mère, on parle d’opération d’essaimage « partiel ». Les exemples ne manquent pas à la Bourse de Paris. Plusieurs sociétés cotées connues des amateurs de la côte parisienne sont issues de scissions.

Les plus connus sont Edenredpour le compte de la branche services prépayés de l’hôtelier (Ticket Restaurant, cartes cadeaux, etc.)Accor jusqu’en juillet 2010 ou Arkema qui était à l’origine la branche chimie lourde de Total avant de devenir indépendante du géant pétrolier en 2006. On peut également citer la Fnac, qui est entrée en Bourse pendant Sec qui s’appelait encore PPR. Le distributeur spécialisé, qui n’avait pas encore approché Darty, a fait ses premiers pas en bourse en 2014, libéré de PPR avant de rejoindre Worldline, la filiale de paiement deatos répertorié en 2014.

Meilleure valeur des différents actifs

Pourquoi les entreprises décident-elles de mettre en orbite une de leurs succursales ? L’objectif de ce type d’opération est de permettre aux investisseurs de mieux valoriser séparément différents actifs, en termes de rentabilité par exemple. Ainsi, le marché est plus enclin à valoriser et comprendre l’activité d’une entreprise recentrée sur un métier qu’un conglomérat dont la lisibilité peut faire défaut. “Même si la somme des parties, d’un point de vue mathématique, ne vaut pas toujours la peine d’être listée, la valorisation d’un pure player [une entreprise évoluant dans un secteur d’activité unique, NDLR] est généralement plus élevé que celui d’un groupe aux business models souvent différents », explique Nisa Benaddi, associée chez EuroLand Corporate.

Pour illustrer ses propos, la spécialiste revient sur la récente notation de Technicolor Creative Studio (TCS). Technicolor SA, qui a souhaité donner son indépendance à sa filiale qui regroupe les activités d’effets spéciaux pour l’industrie du cinéma, des séries et du jeu vidéo, sous le nom de Technicolor Creative Studio (TCS). Selon elle, l’introduction en bourse de la filiale pourrait profiter à la valorisation de sa maison mère, puisque Technicolor Creative Studio bénéficie d’une meilleure santé financière que l’activité historique du groupe, qui a été renommé vantif.

“Nous pensons que c’est un très bon moment (pour entrer en bourse) car la demande n’a jamais été aussi forte dans chacun de nos quatre métiers”, avait alors déclaré à l’AFP le PDG de Technicolor, Christian Roberton, de CreativeStudio.

Une fois cotés, les investisseurs bénéficient d’une vision simplifiée de l’activité de la filiale. “Vous pourrez profiter davantage de la communication d’un pure-player, avec à la clé une lecture plus aisée de votre activité, de vos agrégats financiers et de votre stratégie”, avance Nisa Benaddi. Un avantage particulièrement pertinent dans le cas de grands groupes, tels que technique FMC, qui a mis en place l’an dernier la scission de son activité transition énergétique, Technip Energies, dans le but de créer deux sociétés indépendantes, cotées en bourse et leaders du secteur.

Des spin-offs créateurs de valeur actionnariale

La scission d’une succursale peut aussi être motivée par un besoin de financement de la filiale elle-même, “justifiant alors d’isoler la captation du reste du périmètre”, avance le spécialiste. C’est le cas de Sanofi qui a alors annoncé son intention de regrouper ses actifs de production de principes actifs au sein d’une nouvelle entité indépendante baptisée Euroapi. L’objectif de cette scission est d’attirer d’autres investisseurs, d’améliorer la rentabilité d’Euroapi et de développer son activité indépendamment du géant pharmaceutique français.

Dans le cadre de ce recentrage stratégique, Sanofi ainsi, elle a attribué des actions Euroapi à ses actionnaires sous la forme d’un dividende exceptionnel en nature. Le laboratoire pharmaceutique français a distribué une action Euroapi pour 23 actions Sanofi gardé en portefeuille.

Pour les actionnaires d’Euroapi, l’opération est un succès. La filiale spécialisée dans les principes actifs pharmaceutiques, issue de Sanofiaffiche désormais plus de 50 % de bénéfices depuis son introduction en bourse en mai dernier au prix d’introduction de 12 euros. Par contre, l’ancienne matrice Sanofi Il révèle une performance boursière moins extravagante et perd près de 12% sur la même période.

“Bien que l’introduction en Bourse d’une filiale doive répondre à des objectifs qui vont bien au-delà de la revalorisation du groupe, elle présente un véritable levier supplémentaire dans la stratégie financière dont disposent les groupes cotés”, conclut Nisa Benaddi.

Sabrina Sadgui – ©2022 BFM Bourse

Suivez-vous cette action ?

Recevez toutes les informations sur EUROAPI en temps réel :


Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*