Et si la première chose qui était faite pour la planète était de changer de banque ?

Les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en France ne sont pas ceux que vous pensez. Vous croyez en énergies totales ? omis. Ce sont les banques françaises. BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole/LCL et BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne).

“A eux seuls, chacun a une empreinte carbone supérieure à celle de la France entière”, déclare Alexandre Poidatz, chargé de plaidoyer pour le financement de la transition écologique chez Oxfam France.

Comment ? Par le financement de projets liés aux énergies fossiles -gaz et pétrole- incompatibles avec l’objectif de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici 2050.

Et ils le font avec notre portefeuille. Si nous devions prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre de notre compte bancaire, notre empreinte carbone doublerait !

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Du compte courant à l’assurance-vie

C’est bien connu, l’argent ne dort jamais. Même en compte courant, elle participe aux prêts que les banques accordent aux projets d’énergies fossiles, incompatibles avec l’Accord de Paris.

Dans les livrets d’épargne, on suppose qu’il est fléché vers un secteur d’activité précis. Par exemple, les logements sociaux pour le Livret A.

Et donc, des activités sociales et écologiques avec l’abécédaire du développement durable et solidaire (ex Codevi) ? Perdu. « Seuls 10 à 20 % des fonds LDDS vont à des projets sociaux et solidaires, souligne Alexandre Poidatz. Le reste peut aller à des projets qui détruisent l’environnement. Ce type de brochure finance le monde tel qu’il est au lieu d’aider à sa transition. »

Tous les autres investissements en pensant à l’assurance-vieIl pourrait parfaitement être utilisé pour alimenter des projets de combustibles fossiles qui aggravent le réchauffement climatique.

Même ceux étiquetés investissement socialement responsable (ISR). « Leur approche est la suivante : évaluer les entreprises qui ont les meilleures notes de transition verte, sans exclure les énergies fossiles. Cela signifie que 20 % de ces fonds sont étiquetés avec Total. 8 € sur 10 € vont aux énergies fossiles », explique Alexandre Poidatz.

Contrairement au label GreenFin, le label finance verte, créé en 2015 par l’Etat, qui exclut d’emblée les investissements dans les énergies fossiles et le nucléaire.

Les bons et les mauvais élèves.

Pas de réglementation, peu de transparence… “Il y a un cruel manque d’information”, est d’accord Lucie Pinson, directrice de l’ONG Reclaim Finance. Cela a été testé par plusieurs banques françaises et publié l’endroit changement de banque en septembre pour vous aider à vous repérer « dans la jungle de la communication faite par les acteurs financiers français ».

Verdict? Sans surprise, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole/LCL et BPCE sont perçus comme aggravant le chaos climatique.

Les efforts de certaines banques, notamment le Crédit Mutuel, qui s’est engagé à réduire son empreinte carbone de 15 % d’ici 2023, sont les bienvenus, mais elles doivent faire mieux.

Enfin, en compagnie des néobanques (GreenGo, Hélios) et du Crédit Coopératif, la banque écologique historique, La Banque Postale le fait bien avec son engagement à éliminer progressivement les combustibles fossiles d’ici 2030.

un sujet sensé

Preuve que le sujet est sensible, BNP Paribas, d’habitude stoïque face aux comparateurs bancaires qui foisonnent sur la toile, a réagi en dénonçant une approche qui ne tient pas compte de la réalité de son engagement climatique.

“Tous nos rapports sont basés sur la science, des chiffres, ce qui fait de nos recherches une source crédible pour le grand public et les investisseurs.” déclare Lucie Pinson dont l’ONG a répondu aux critiques de BNP Paribas.

elle s’en souvient « Le site est évolutif, nous jouons un rôle de veille. Par exemple, la Banque Postale devrait toujours faire pression sur sa filiale de gestion d’actifs, Asset Management, pour qu’elle cesse d’investir dans des sociétés développant des projets pétroliers et gaziers. »

“Changer de banque”

Parmi les outils disponibles, Alexandre Poidatz cite également l’application Rift, téléchargeable sur smartphone. Il vous permet de scanner l’impact environnemental et social de votre épargne pour définir, en cas d’envie de financement durable, vers quelles options se tourner.

« Evidemment, si vous contractez un crédit, vous choisirez la banque qui vous propose les taux les plus bas, L’agent de plaidoyer d’Oxfam est d’accord. Et personne ne vous jettera de pierres. Mais il y a aussi un moyen, à côté, de rediriger les économies vers le Navire”, une banque éthique qui ne finance que des projets écologiques, sociaux et culturels.

Pour lui, l’important est de sensibiliser chacun, particuliers, communes, entreprises, institutions, au poids de notre portefeuille dans le changement climatique. « Le but n’est pas de changer de banque. Il s’agit avant tout de changer de banque. »

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