Essai d’un vélo mystère personnalisé en carbone avec un caractère bien trempé

Préambule sur l’ADN de ce vélo

que ce soit Instagram ou dans Twitter, vous avez été nombreux à essayer de deviner quelle marque se cachait derrière ce vélo mystère. Presque toutes les marques sont passées par là. Mais clairement ce n’était pas facile. Un vélo “nu”, sans aucune marque et avec des composants pas particulièrement communs, la tâche était ardue.

Malheureusement, vous n’aurez pas la réponse aujourd’hui, puisque la présentation officielle de ce vélo aura lieu le 24 novembre.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, quelques indices sur ce vélo :

La monture est entièrement réalisée à la main, avec une fabrication raisonnée et responsable. Un cadre qui se fabrique entièrement sur mesure et très logiquement, à la demande.

La personnalisation et la durabilité sont l’ADN de la marque. Vous pouvez donc faire le montage proprement dit à la carte, mais vous pouvez également faire des choix spécifiques pour la construction du cadre si nécessaire. Vous ne serez pas obligé, comme c’est le cas avec certaines marques, de choisir une certaine taille ou couleur de guidon. Ici c’est de la haute couture, vous pouvez même choisir la peinture sans limite.

La conception, mais aussi la fabrication des tubes et de la charpente ainsi que la peinture, toutes ces opérations sont réalisées dans un rayon de 250 kilomètres, dans deux régions voisines. Ce n’est pas un vélo générique rebadgé en France ni même un cadre acheté sur catalogue asiatique, non, le vélo que vous avez sous les yeux et conçu et fabriqué de A à Z dans le même pays… voire dans la même région.

Il est important de noter que puisque la marque s’engage à proposer des produits durables, la monture peut être réparée si nécessaire.

Je ne parle pas d’une nouvelle marque qui sort de nulle part car “la moto se vend bien en ce moment” et c’est à la mode. Non, la marque à l’origine de ce vélo a plus de 50 ans de savoir-faire dans la fabrication de cadres et de composites.

Oui, ce cadre synthétise plus de 50 ans de fabrication de cadres verrouillables, une trajectoire gigantesque que peu de cyclistes connaissent.

Quant au prix, il sera annoncé le 25 novembre lors de sa présentation, j’ai donc fait ce test sans connaître le prix de la bête.

Présentation

Autant dire que la présentation de ce vélo sera brève, puisque je n’ai pas grand-chose à vous dire en termes de chiffres en tout cas, à ce sujet. Le vélo est arrivé assemblé et ne pèse que 7,4 kg. Une masse relativement bien placée compte tenu de son équipement, qui mixe des composants ultralégers mais aussi moins légers, mais je vous en parlerai dans la partie équipement.

Il ne précise pas la taille, ce vélo est fait sur mesure, mais il correspond plus ou moins à une taille 54 ou M puisqu’il a été fait spécialement pour moi et ma taille de 1,78m (et une rallonge de selle de 74,5cm).

A l’heure où j’écris ces lignes, le vélo est déjà parti chez le constructeur pour le peindre.

Vous pouvez le voir sur cette photo, ce vélo a tous les attributs d’un vélo moderne avec ses haubans bas et son tube de selle très aérodynamique qui épouse la roue arrière. De plus, beaucoup de ceux qui l’ont vu dans la vraie vie l’ont vu comme le remplacement du Tarmac SL7.

On voit que le support de tige de selle est caché dans le tube supérieur et trouve sa place juste devant une tige de selle… ronde ! Un choix surprenant à première vue alors que de nombreuses marques utilisent des tiges de selle coniques, mais la notion de durabilité du cadre prime ici et donc la marque a opté pour une tige de selle ronde de 27,2 mm. Ainsi, si vous souhaitez changer dans 10 ans, vous trouverez certainement une tige de selle de remplacement sans avoir à attendre un éventuel stock chez le constructeur.

Les séjours sont relativement massifs par rapport à ce qui se fait dans la production actuelle où de nombreuses marques ont tendance à peaufiner cette partie pour trouver un peu de souplesse et de filtration.

A noter, malgré une armature “brute” faite à la main, les belles finitions sur les ferrures.

Les bases ne sont pas en reste non plus mais sont plus en phase avec d’autres productions. En parlant de “raccords”, on voit qu’il n’y en a pas entre les cosses et les cosses, qui forment presque un tube unique sans angles qui gênent le travail de cette pièce.

Le tube diagonal est solide, très large. De toute évidence, ce n’est pas l’aérodynamisme qui a guidé sa conception, mais plutôt la recherche d’une rigidité maximale. Le tube englobe presque complètement la coque du boîtier de pédalier.

À l’autre extrémité, ce tube rencontre un tube de direction rond. Sans forme de sablier ni roulements asymétriques, encore une fois, la marque a opté pour une solution simple, sans doute pour des raisons de maintenance.

Ce choix a peut-être été guidé par le tube de direction, qui semble être un Columbus Futura Disc. Une fourche connue pour sa rigidité et qui, encore une fois, devrait faciliter la durabilité du cadre, cette fourche est largement utilisée et devrait durer encore de nombreuses années.

Le tube horizontal est un tube plat dans sa partie supérieure, plutôt conique et fin dans sa partie centrale.

Enfin, je ne pouvais manquer de mentionner l’intégration des câbles. La marque a une nouvelle fois opté pour une solution standard, proposée par Deda Elementi, avec le système DCR (Deda Internal Cable Routing). Encore une fois, cela permet de trouver facilement toutes les pièces compatibles comme les roulements, les tiges, les couvercles.

Je n’ai pas le poids du cadre. Juste celui avec la fourche qui, s’il s’agit d’un Columbus Futura, est annoncé à 440 grammes de pivot non coupé. Mais le vélo, équipé d’un ancien groupe Dura-Ace, pèse 7,4 kg.

équipe

Je vais parler de l’équipement de cette moto, mais sans entrer dans les détails, car c’est presque anecdotique. Le client de cette moto pourra choisir chaque composant.

Prototype oblige mais aussi rareté, on retrouve sur ce vélo un vieux groupe Shimano Dura-Ace R9100 11 vitesses qui, même si le 12 vitesses est arrivé depuis, fonctionne toujours aussi bien. Il est ici monté avec un pédalier Rotor Aldhu dont le poids est quasiment identique à un Dura-Ace.

Un pédalier 50×34 associé à une cassette 11-25 ! Le boîtier de pédalier est au format T47.

Les roues sont les dernières Shimano Ultegra WHR8170 C36TL annoncées à 1488 grammes la paire, équipées de pneus René Herse Chinook Pass en 700×28 dans sa version extralight ne pesant que 225 grammes. des pneus qui il ne surchargera donc pas les trains roulants mais filtrera parfaitement les irrégularités de la route.

Les porte-bidons Tune Wasserträger 2.0 ne pèsent que 9 grammes. Ce n’est pas du côté de la selle qu’il faudra chercher l’excès de masse, avec un Coco Part Spline UD Matte qui ne pèse que 68 grammes. Une simple “feuille” de carbone sans aucun revêtement. UN selle facturée 300€mais entièrement fabriqué en France.

La tige de selle est un modèle ENVE en carbone avec du matériel en titane qui ne pèse que 200 grammes.

Finissons avec la cabine. Ce n’est pas la configuration la plus légère, avec une potence Deda Vinci de 260 grammes et un guidon Deda Vinci du même poids.

Potence en aluminium et guidon en carbone avec une poignée très stylisée au sommet. Un guidon qui adopte également la forme RHM propre à Deda, ce qui devrait faciliter la prise en main dans le creux du guidon.

Au niveau du serrage de la potence, sur les côtés, Deda a intégré deux pièces profilées en plastique qui s’enlèvent pour tomber sur une pièce ronde. Ainsi, vous pouvez connecter votre support de compteur de vitesse préféré.

Même si Deda propose un support informatique adapté (en option) pour la potence Vinci, c’est toujours un bon point de choix mais aussi de durabilité.

Sur la route

Pour rappel, la marque qui m’a confié ce vélo ne m’avait donné aucune information sur son cahier des charges ni sur les pilotes cibles en question. C’est à moi de gérer.

Et dès que je suis monté sur le vélo, il ne m’a pas fallu longtemps pour voir le pedigree de ce vélo. Un vrai vélo de course/pilote expérimenté, mais qui parvient toujours à dégager du confort. Bien que les pneus René Herse de 28 mm devraient aider à la filtration, ce vélo parvient à bien filtrer les secousses des mauvaises doublures.

Un vélo qui m’a immédiatement rappelé un Tarmac SL 7, avec un boîtier de pédalier très rigide et un moyeu qui aime émettre autant de watts que le cycliste peut en émettre. Point de flexion à rechercher dans le cockpit, la potence et le guidon Deda Vinci sont massifs et non découragés. En danseur ou en se lançant dans un sprint, l’ensemble reste parfaitement assemblé.

Les roues Shimano Ultegra WHR8170 C36TL ne sont peut-être pas les plus rigides, mais elles atténuent bien la rigidité élevée du cadre et permettent au vélo d’être confortable à des pourcentages élevés. Grâce aux roues, nous avons trouvé un peu de “donner” nécessaire lorsque le rythme est plus lent et que le vélo doit travailler un peu plus fort pour restituer de l’énergie. Mais pour les téléchargements de ports longs, des watts seront nécessaires selon moi… ou n’hésitez pas à opter pour des petites nouveautés.

Les roulements sont très lisses et le corps de roue libre silencieux est très agréable. Comme quoi, les roulements en acier de qualité n’ont rien à envier aux roulements en céramique. Des roues de 36mm qui sont un excellent compromis et se marient très bien avec le design du vélo. Sur certains vélos très aérodynamiques, des roues inférieures à 45mm peuvent parfois gâcher la ligne, ce n’est pas le cas ici, le vélo propose un design moderne, mais pas trop poussé pour ne pas tomber dans cet excès qui n’entraînerait que des roues basses. rendre le vélo fade.

Les pneus René Herse offrent également de très bonnes sensations en termes de performances et d’adhérence. Malgré la section de 28 mm, on a l’impression d’utiliser du 25 mm. Mais attention à la longévité, ils sont connus pour être assez fragiles.

Sur les sorties énervées ce vélo est clairement dans son élément, notamment sur les bosses assez courtes où l’on peut forcer. Mais un bon grimpeur doit aussi lui trouver un bon vélo qui mixe un design moderne avec un poids contenu.

La descente est très précise, presque chirurgicale, avec des changements d’angle très rapides. Difficile de juger des performances aérodynamiques, mais après avoir conduit quelques possesseurs de Tarmac SL7 à roues aérodynamiques (Roval Rapide), dans une longue descente droite, sans pédaler, nous descendions tous à la même vitesse, 72 km/h.

Preuve que ce vélo, qui n’a apparemment pas été étudié en soufflerie, ne semble pas pénalisé, pourtant, à plus de 70 km/h, l’aérodynamisme est primordial. Et à cette vitesse, le vélo reste parfaitement stable, à tel point qu’on n’a pas vraiment l’impression de descendre aussi vite.

Si vous avez apprécié le faible drop du guidon, en revanche, la forme profilée de la partie supérieure semblait un peu trop large pour des mains standard. Heureusement, le client pourra choisir parmi une grande variété de périphériques.

J’étais hésitant à propos de la selle Coco Part Spline, mais au final, même après une balade de près de 4 heures, je n’ai jamais eu l’impression d’avoir une simple feuille de carbone sous les fesses. Mais comme toujours, beaucoup dépendra de la position assise du cycliste. Une selle dont la forme est parfaitement adaptée au fessier du cycliste n’a pas besoin d’un garnissage en mousse pour limiter l’inconfort.

Avec

Un vélo fabriqué à la main et sur mesure qui prouve qu’un vélo hyper compétitif peut être atteint en termes de performances et de confort. Connaissant la marque, le futur acquéreur de ce vélo pourra, bien sûr, préférer plus de rigidité ou, au contraire, demander un peu plus de confort.

Une moto au niveau des meilleures motos de production mondiale actuelle, avec l’avantage d’être véritablement sur-mesure, tant dans la géométrie que dans le comportement et la peinture. Mais aussi un vélo durable et local.

À une époque où beaucoup ont un désir féroce de déplacer la production au moins vers l’Europe, c’est un vélo qui coche toutes les cases. Local, durable et réparable. Autant de notions parfois contradictoires. Reste à connaître le prix. Pour cela, il faudra encore patienter jusqu’au 24 novembre, date à laquelle ce vélo sera officiellement dévoilé.

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