Des jouets aux matériaux, les briques séduisent aussi les artistes

offrez-vous une peinture Lego pour décorer votre salon ? C’est possible et ce serait même une tendance. Parler de Lego, c’est avant tout faire retomber en enfance une grande partie des adultes qui ont entrelacé ces rectangles colorés pour en faire -avec plus ou moins de talent- des vaisseaux spatiaux ou des châteaux forts. Mais maintenant, il fait également référence à un matériau d’art comme un autre, qui sera le protagoniste du spectacle pour la troisième fois. maître de légosdiffusé sur M6 ce jeudi à 21h10

En quelques décennies, les petites briques ont disparu des chambres d’enfants et certaines connaisseurs avec des perles aux plus grandes galeries d’art. Car, depuis toujours, la culture populaire s’immisce dansArtd’abord dans ses gros sabots avant d’être invitée.

Un nouveau focus sur Lego, participant à la fois à sortir les adultes qui les imbriquent du cliché nerd et à diversifier le public cible de la marque danoise. 20 minutes revient, avec un spécialiste de l’art et des « artistes de la brique », sur l’évolution de l’image de la brique.

“Je n’étais pas fort en peinture ou en art”

Avec maîtres de lego, c’est aussi le retour des deux “maîtres de briques”, présents depuis la première saison de l’émission présentée par Éric Antoine. Dans ce rôle, Georg Schmitt, l’un des 14 entrepreneurs et constructeurs certifiés par la marque, rejoint Paulina Aubey, une artiste plasticienne d’Orléans qui a troqué ses pastels contre des briques il y a sept ans. « J’ai commencé à travailler un peu avec des briques dans mon coin, j’ai essayé de retranscrire ma pratique du dessin au pastel avec ces petits carrés de couleur que j’utilise comme pixels pour faire des portraits. »

Les maçons, s’emparant du Lego, comprennent aussi très vite la puissance de ce matériau. Objet qui occupe une place de prédilection tant dans la culture populaire que dans l’âme enfantine des adultes, son usage est généralement source d’enthousiasme et de curiosité. “Les Legos sont super puissants, vous pouvez en faire ce que vous voulez, mais ce sont toujours des Legos”, s’enthousiasme M’brick. Les peintures que je fais ont toujours beaucoup d’impact car je mobilise des centaines de pièces. Les gens reconnaissent les objets qu’ils tenaient dans leurs mains quand ils étaient plus jeunes, cela a une vraie force d’attraction. Parce que recréer des portraits ou des peintures sur brique n’est pas courant et peut aider à rendre l’art plus accessible. Le matériel utilisé permet donc une lecture supplémentaire et renvoie à des souvenirs personnels puisque le Lego ravive l’enfant en nous.

“Quand j’étais gamin, j’avais des boîtes de Lego, je construisais comme beaucoup de gosses, mais je suis passé à autre chose en grandissant”, raconte Aymeric Gillet, raconte M’brick. Après une course de un joueur de hockey professionnel, il produit désormais de superbes rendus 3D réalisés uniquement à partir de briques. “Je n’étais pas bon en peinture ni en art”, se souvient le quadragénaire, qui vit à Dijon. “Un jour, j’ai vu une image pixélisée et cela m’a immédiatement rappelé Lego. J’ai essayé de reproduire une peinture d’Andy Warhol pour ma copine et je n’ai jamais lâché mes briques. M’brick est maintenant un artiste à plein temps. fait des œuvres de art de la rue exposés dans les rues de la capitale bourguignonne mais aussi de véritables tableaux commandés par lui ou pour des expositions.

Quand le jeu rencontre l’art

L’incursion d’objets du quotidien dans l’art est un phénomène assez ancien. Le dadaïsme qui surgit après la Première Guerre mondiale il mettra en scène les journaux comme une œuvre d’art mais c’est surtout le pop art, dans les années 1960, qui consacrera cette pratique. “Pour l’arrivée des jeux ou des jouets dans l’art, il y a le mouvement fluxus qui arrive en même temps que le pop art”, rembobine Clémence de Montgolfier, chercheuse en histoire de l’art et spécialiste de l’art contemporain. “L’artiste Robert Filliou, par exemple, créera des œuvres avec des dés, des roues, des jouets qui peuvent être tournés…”

À partir des années 1980, la France est également touchée par la politique du ministre de la Culture de l’époque, Jack Lang, en faveur d’une plus grande démocratie culturelle. « Alors les différents arts seront décloisonnés et l’art déco et les beaux-arts, jusque-là plus élitistes, seront assimilés. En musique aussi, cela permettra au rock’n’roll d’être enfin reconnu comme une pratique culturelle et artistique à part entière », explique le spécialiste.

Il n’est donc pas étonnant que les artistes soient désormais tentés de s’écarter de l’utilisation traditionnelle du Lego pour créer leurs œuvres. “Ils sont un moyen de récréation mais aussi de récréation”, se réjouit Paulina Aubey. elle précise que maîtres de lego jouer clairement dans ce jeu. « On essaie de montrer les fabricants qui ont leur marque, leur style, leur univers, comme des artistes au final. »

le pouvoir de la brique

Les maçons, s’emparant du Lego, comprennent aussi très vite la puissance de ce matériau. Objet qui occupe une place de prédilection tant dans la culture populaire que dans l’âme enfantine des adultes, son usage est généralement source d’enthousiasme et de curiosité. “Les Legos sont super puissants, vous pouvez en faire ce que vous voulez, mais ce sont toujours des Legos”, s’enthousiasme M’brick. Les peintures que je fais ont toujours beaucoup d’impact car je mobilise des centaines de pièces. Les gens reconnaissent les objets qu’ils tenaient dans leurs mains quand ils étaient plus jeunes, cela a une vraie force d’attraction. Parce que recréer des portraits ou des peintures sur brique n’est pas courant et peut aider à rendre l’art plus accessible. Le matériel utilisé permet donc une lecture supplémentaire et renvoie à des souvenirs personnels puisque le Lego ravive l’enfant en nous.

“Nous sommes à une époque où l’on valorise fortement les pratiques old-school”, analyse Clémence de Montgolfier, comparant le retour du Lego à celui de la broderie, du tricot ou du coloriage pour adultes. « Toutes ces pratiques de bricolage ont été remises au goût du jour et libérées des clichés qui les entourent. Elle s’inscrit dans un mouvement d’histoire de l’art, mais aussi d’histoire culturelle. C’est pourquoi jouer aux Lego, même à l’âge adulte, ne renvoie plus forcément à l’image d’un nerd se cachant dans sa chambre parmi les personnages de mangas et les Pokémon.

Paulina Aubey est aussi l’antithèse de ce cliché très simpliste, même si elle est fan de La théorie du Big Bang. Dès ses premières peintures en briques et en 2D, elle est rapidement invitée aux conventions organisées par la marque danoise. Elle a été repérée après une réunion d’artistes de la brique à Bristol, en Angleterre, et a rejoint un collectif d’art contemporain à Chicago. Elle dit avoir réalisé un « fantasme » qu’elle croyait irréalisable en exposant ses créations durant l’été 2022 au musée Charles Péguy à Orléans. “J’ai fait ce rêve fou quand j’ai commencé en tant qu’artiste, où je me suis voté pour un musée super sérieux. C’est quelque chose que je me voyais faire avec mes gâteaux et finalement je l’ai fait avec mes briques… C’est un drôle de clin d’oeil qui montre qu’il faut toujours y croire. »

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