Comment les champions d’Europe actuels ont-ils vécu un naufrage historique ?

Le 21, MDR a retrouvé le toit de l’Europe en remportant sa huitième Ligue des Champions depuis 2011, au Juventus Stadium de Turin. Cinq mois plus tard, les Lyonnais retrouveront l’enceinte turinoise (27 octobre), mais cette fois pour ne pas compromettre quasi définitivement leurs chances de qualification pour les quarts de finale de cette C1. Car mercredi soir au Parc OL, les joueuses de Sonia Bompastor ont sombré comme jamais dans leur histoire européenne, défaite (1-5) face à Arsenal pour leur premier match de groupe. Comment une telle débâcle a-t-elle pu toucher la référence européenne du football féminin, qui avait encaissé moins de cinq buts en 10 de ses 15 campagnes de Ligue des champions jusqu’à présent ?

Une série noire interminable de blessures

La moitié de l’équipe qui avait apprivoisé le FC Barcelona (3-1) lors de la dernière finale de C1 a été à l’extérieur Mercredi soir. Tous blessés, et pour longtemps, Ellie Carpenter, Griedge Mbok, Catarina Macario, Delphine Cascarino et Ada Hegerberg sont les titulaires incontestées de ce groupe. On peut ajouter à la liste la recrue star de l’été, la milieu de terrain allemande du PSG Sara Däbritz, déjà grièvement blessée à la cheville et attendue en février 2023. Ainsi que Dzsenifer Marozsán et Amel Majri, en convalescence après une déchirure des ligaments croisés au genou.

« Forcément on est impacté par le nombre de blessés, constatait Sonia Bompastor mercredi soir sur OL Play. Elles concernent de nombreux acteurs exécutifs. En Ligue des champions, l’expérience et le talent sont essentiels. Voilà un groupe rajeuni par ce contexte. En effet, les seuls vrais invités surprises dans la déroute face à Arsenal sont la défenseure Alice Sombath (19 ans) et la débutante Inès Jaurena (ancienne milieu de terrain des Girondins de Bordeaux), 31 ans mais sans expérience européenne.

Un mercato insuffisant

La galère vécue mercredi par Inès Jaurena, dans un poste qui ne lui correspond pas du tout (arrière droit), avant son départ à la 37e minute de jeu, symbolise le mercato estival insuffisant de l’OL. ellie pic australien, à l’extérieur jusqu’à fin 2022, il n’a pas de véritable remplaçant dans l’effectif lyonnais. Et encore moins depuis la blessure de Griedge Mbock avec l’équipe de France le mois dernier, qui a poussé la cellule de recrutement à s’activer pour signer un renfort défensif indispensable.

L’internationale canadienne Vanessa Gilles est arrivée en prêt d’Angel City (NWSL)… mais elle s’est blessée juste après sa signature et ne pourra pas jouer avant quelques semaines. Pour un club aussi séduisant que l’OL, l’absence de renforts fiables interpelle donc dans ce secteur de jeu, où le départ de Kadeisha Buchanan (Chelsea) s’est clairement fait sentir lors de la journée portes ouvertes contre les Gunners.

Internationaux en mauvais état après le Championnat d’Europe

En quinze ans au plus haut niveau, Wendie Renard n’avait presque jamais été aussi fébrile que les mercredis soirs. A l’origine du coup franc victorieux de Beth Mead (1-3, 45+1), et clairement responsable du quatrième but de Caitlin Foord (1-4, 67), la capitaine lyonnaise a assumé devant les micros : “Il faut assumer ses responsabilités Je n’ai aucun problème à assumer la défaite.» Leur piètre forme individuelle, à l’instar des performances internes de Selma Bacha, Melvine Malard, Danielle van de Donk et Janice Cayman, toutes présentes à l’Euro en juillet, laisse présager un été qui aura été difficile. à manier, après une saison déjà riche en émotions avec la double D1-C1, Wendie Renard n’a pas éludé le sujet.

« Nous n’avions vraiment aucune préparation physique. Nous avons quitté le Championnat d’Europe, nous avons eu très peu de jours de vacances et nous sommes allés directement aux matchs. Il était donc difficile d’avoir une vraie préparation. Nous le faisons avec les moyens du bord. On aime jouer, enchaîner les jeux, moi d’abord, mais si on ne fait pas marcher la caisse, à un moment donné, on peut s’énerver. Mais avant de penser au physique, on peut faire beaucoup mieux sur la qualité du jeu, sur les erreurs techniques, sur nos choix. Et puis de nombreux joueurs d’Arsenal ont également continué. »

Ici, dans le combat avec Stina Blackstenius, Wendie Renard a raté son match de mercredi soir contre Arsenal.
Ici, dans le combat avec Stina Blackstenius, Wendie Renard a raté son match de mercredi soir contre Arsenal. -Dave Winter/SIPA

Un parcours qui laissera sa trace ?

Même quand on a un palmarès aussi brillant que l’OL dans la compétition, peut-on rebondir après un début aussi désastreux en Ligue des champions ? “On avait imaginé des débuts différents”, se souvient Janice Cayman chez OL Play. C’est difficile, il faut se remettre en question avant d’affronter la Juve. Nous savons que nous allons récupérer. Leur coach Sonia Bompastor, comme prévu, a elle aussi tenu à avancer, rappelant qu'”il reste cinq matches pour aller chercher la qualification”, dans un groupe qui a également vu la Juventus Turin s’imposer comme prévu à Zürich (0-2).

« L’aspect mental sera très important, il faudra une réaction de fierté, insiste Sonia Bompastor. C’était une nuit sans mais il ne faut pas tout remettre en cause ce soir, même si on a un peu la tête dans le seau. Il faut sortir pour redonner confiance à tout ce groupe qui a de la qualité. Il ne faut donc pas être alarmiste. » wendie renardqui évoque “une soirée à oublier”, conclut en réfutant cette idée de fin de règne suggérée par cette claque : “C’est juste un match de foot. Rien ne peut remettre en cause tout ce qu’on a fait. C’est vrai qu’on est pas l’habitude de voir Perdre l’OL comme ça c’est nul… mais il faut garder la tête haute. » On a hâte d’entendre la réaction de l’octuple champion d’Europe, piqué comme jamais.

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