Comment « La grande aventure de ‘Plus belle la vie’ » a-t-elle capturé « un moment de l’histoire de la télévision » ?

Comment dire au revoir? Après 4 665 épisodes diffusés depuis 2004, la vie est plus belle se termine ce vendredi sur France 3 avec deux épisodes inédits à partir de 20h15, suivis à 21h10 d’un épisode spécial de 90 minutes, intitulé “Sept mariages pour un enterrement”. A 22h50, France 3 diffuse un documentaire inédit, La grande aventure de “Plus belle la vie”, réalisé par Anne-Sophie Dobetzky et Raphaël Monégier. Dans les coulisses, le duo a immortalisé les adieux de l’équipe et les applaudissements à la fin de la série.

“France Télévisions a voulu offrir la plus belle fin de soirée possible pour un programme qui a été si important sur ses antennes”, explique la co-réalisatrice Anne-Sophie Dobetzky. Ce documentaire de 60 minutes emmène le spectateur à l’intérieur des Studios de la Belle de Mai à Marseille au moment de “l’aboutissement de dix-huit ans de collaboration pour certains”, résume Raphaël Monégier.

“On voulait leur faire vivre ce moment”

Le tournage s’est déroulé sur les trois derniers jours de tournage les 27, 28 et 29 septembre. L’équipe du documentaire est restée sur place le 30 septembre pour “filmer des images sur les plateaux vides”, raconte Raphaël Monégier.

A Marseille, l’équipe de tournage de La grande aventure de “Plus belle la vie” essayé d’être discret. « Nous voulions leur faire vivre ce moment. C’était important pour eux », raconte le réalisateur.

Sur le plateau, « l’ambiance était à la fête. Il y avait une envie de bien finir. Chaque jour, il y avait des adieux, des fêtes, des réunions, se souvient Raphaël Monégier. Il y avait aussi une forme de nostalgie, pas dans la dépression, mais de l’ordre du « tu te rends compte de tout ce qu’on a fait ? Nous sommes fiers d’avoir participé à cette aventure unique et miraculeuse du PAF français. »

“C’était déchirant pour eux”

Les documentaristes filment le tournage des dernières séquences de chaque interprète clé de la série. « Ils ne quittaient pas un seul emploi, c’était beaucoup plus fort. On sentait que c’était un crève-cœur pour eux de ne plus se voir tous les jours”, souligne Anne-Sophie Dobetzky.

Lors du tournage de la séquence finale, Laurent Kérusoré (Thomas Marci) prolonge le plaisir, fait semblant de se planter dans son texte ou se plaint d’un problème de micro. “Il voulait s’étirer un peu, refaire une prise, mais aussi être l’acteur de ce moment-là, prendre deux secondes pour regarder ce qui se passait autour de lui”, analyse Raphaël Monégier.

Et le premier assistant réalisateur à déclarer officiellement : « Et c’est le final de la série ! » au lieu du traditionnel « Et c’est la fin de la journée ! « Qu’on suive ou non la série, il était impossible de ne pas ressentir cette vague d’émotion. Tout le monde avait les larmes aux yeux. Il y avait près de 200 personnes sur la place du Mistral. C’était très fort… On a aussi eu les larmes à nos yeux quand on ne faisait pas partie de la famille », se souvient Anne-Sophie Dobetzky.

“C’était important qu’ils témoignent”

A travers une vingtaine d’entretiens avec des acteurs et actrices emblématiques, le documentaire retrace l’histoire de la telenovela, son impact sur la société française et sur la vie de ses interprètes. “On voulait faire un film qui soit un peu madeleine”, souligne Raphaël Monégier. Et d’expliquer : “Nous voulions que ceux qui ont fait vivre la série à l’écran pendant dix-huit ans soient ceux qui nous la racontent. »

Ces entretiens ont été filmés dans les deux semaines suivant la fin du tournage. “Nous les avons capturés à un moment où ils étaient très sincères dans leur excitation et leur désir de dire au revoir aux téléspectateurs. Ils ont tous accepté avec une grande générosité. On sentait que ce n’était pas facile pour eux, mais qu’il était important pour eux d’aller jusqu’au bout et de témoigner dans ce documentaire”, se souvient Anne-Sophie Dobetzky.

Le choix des artistes interviewés a été difficile. « Nous en avons dix-huit à compacter en soixante minutes ! », souligne le réalisateur. Et d’expliquer : “On voulait les histoires, mais aussi montrer que le casting avait été renouvelé, que toutes les générations étaient présentes. »

“Plus belle la vie” a changé leur vie”

« la vie est plus belle cela a changé leur vie à bien des égards », déclare Anne-Sophie Dobetzky. Pour les plus jeunes, le feuilleton était « leur première grande expérience professionnelle. Ils ont appris leur métier grâce aux séries et à forger une coquille, car ce type de programme est souvent décrié, et cela doit être géré”, poursuit-il.

la vie est plus bellePremier feuilleton français quotidien, il représente une opportunité professionnelle assez unique : “Ils ont vieilli avec leurs personnages, ce qui n’est pas courant”, estime Raphaël Monégier.

Sur le plateau, l’ambiance était bonne. « Le facteur humain fait que ça marche ou pas. Là, il y a eu un petit miracle collectif, les gens s’entendaient bien », raconte le réalisateur. “Anne Décis a aussi dit que la bienveillance de l’équipe technique était essentielle”, ajoute sa compagne.

L’équipe « a très bien accueilli les nouveaux venus », raconte Anne-Sophie Dobetzky. « Nous sommes désolés car nous avons été très bien accueillis », confirme Raphaël Monégier.

“Il y a eu des histoires d’amour et de bébés”

La “troupe” a également noué des liens solides hors plateau. “L’amitié s’est étendue au-delà des décors. Il y a eu des histoires d’amour. Certains ont duré, d’autres non, il y a eu des bébés », raconte Anne-Sophie Dobetzky. “Ils appartiennent à une famille, tout le monde nous l’a dit”, acquiesce Raphaël Monégier.

La collaboration s’est parfois épanouie hors plateau. Anne Décis (Luna Torres) et Aurélie Vaneck (Ninon Chaumette), amies à l’écran et à la ville, ont lancé Oma Bloom, “une petite entreprise de joaillerie éco-responsable”.

“L’affection que le public leur porte, et inversement”

“Tout le monde a conscience d’être une exception dans l’histoire de la télévision française. D’ailleurs, ils sont passés à l’antenne, au début ça n’a pas bien marché, mais on a cru en eux et ils ont réussi à trouver un public”, explique Raphaël Monégier.

“Ma plus belle histoire d’amour, c’est toi”, a chanté Barbara en hommage à son public. “C’est impressionnant de voir l’affection que le public leur porte et vice versa. J’ai ressenti une sincérité de leur part lorsqu’ils nous ont parlé de leur relation avec les téléspectateurs, citant des exemples précis de lettres qu’ils ont reçues. Je ne sais pas si une autre série a créé une telle proximité », déclare le réalisateur.

Lors de la réalisation de ce film, “le dernier jour du tournage, nous avons eu l’impression d’assister à un moment de l’histoire de la télévision. Avoir l’opportunité d’être là, de pouvoir en témoigner, de le retranscrire dans un documentaire, était aussi une grande fierté pour nous », conclut Raphaël Monégier.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*