Comment Françoise ou Philippe ont réduit leur facture d’électricité à trois

FIGARO DEMAIN – Ce 24 novembre, la journée nationale contre la précarité énergétique est marquée par une conférence de la Fondation Abbé Pierre et des trophées qui récompensent les meilleures solutions à ce problème. L’occasion de mettre en avant les appareils pour réduire la facture.

Il y a trois ans, leur facture d’électricité dépassait allègrement les 2 000 euros annuels, et pourtant ils avaient froid dans leur maison de 70 mètres carrés de la petite commune d’Estrées-Saint-Denis dans l’Oise, dont ils ont hérité. Mal entretenue, elle était devenue quasiment inhabitable, et l’un de ses enfants a été hospitalisé cinq fois pour asthme. Après 60 000 euros de travaux, financés avec des aides, la consommation de Bruno et Françoise a été divisée presque par quatre (3,7) et leur facture presque à parts égales. Un prêt à taux zéro a permis au couple de couvrir le reste de la charge (environ 1 800 euros). Mais cet ancien employé d’un magasin de bricolage pendant 39 ans, à la retraite il y a deux ans, et sa femme, qui travaillaient à temps partiel, à la fois en raison d’un handicap dû à des problèmes de santé et dans une situation précaire, n’auraient jamais envisagé d’entreprendre un tel projet sur leur propre. soi même.

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De leur côté, Philippe, ancien militaire devenu garde champêtre à Clairoix (Oise), retraité, et Lydiane, femme au foyer qui n’a jamais pu trouver de travail après un accident de voiture qui lui a fait perdre un œil, vivaient confinés, sans véhicule, dans une maison rurale et humide de 80 mètres carrés accrochée à une colline, où la moisissure côtoyait les infiltrations d’eau dans la salle de bain. Ils supportaient 15 degrés en hiver malgré leurs problèmes de santé et leurs factures d’électricité élevées. Trois ans se sont écoulés avant que Philippe n’accepte la visite du Secours Catholique dans son logement. Après 70 000 euros de travaux, comprenant l’installation de radiateurs électriques inertiels et l’isolation des murs en fibre de bois, ces derniers sont passés de la catégorie G à D sur le barème du diagnostic d’efficacité énergétique (DPE), grâce à l’aide, et à une charge restante limité à 1 400 euros.

L’impact de ce type de réforme n’est pas seulement le confort et la réduction de la facture, il améliore également la santé des occupants et le fait de pouvoir avoir une nouvelle vie sociale lorsqu’ils n’ont plus honte de leur logement.

Franck Billeau, directeur du Réseau Eco Habitat

“L’impact de ce type de réforme n’est pas seulement le confort et la baisse des factures, mais améliore également la santé des occupants et leur permet de retrouver une vie sociale lorsqu’ils n’ont plus à rougir de leur logement.” explique Franck Billeau, directeur du Réseau Eco Habitat, qu’il a fondé en 2014 dans les Hauts-de-France pour contribuer à l’amélioration de l’habitat. Ainsi, les deux enfants d’Elisa, sujets aux bronchites à répétition, ne sont plus malades depuis leur renouvellement. Certaines ont réduit leurs antidépresseurs, d’autres se sont remises à la coiffure parce qu’elles avaient une meilleure estime d’elles-mêmes, et parfois même ont trouvé du travail. Quant à Bruno et Françoise, ils peuvent à nouveau recevoir leurs petits-enfants à la maison.

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De nombreux ménages en situation de précarité énergétique peuvent bénéficier de ce type d’accompagnement, mais peu franchissent le pas. “Les propriétaires estiment qu’ils n’ont droit à aucune aide et craignent souvent d’être accueillis par les artisans, tout comme ils se méfient des maisons qu’ils soupçonnent de ne pas être solvables”, souligne Franck Billeau. D’où l’importance des dispositifs d’accompagnement, qui renforcent la confiance de part et d’autre et facilitent les contacts avec MaPrimeRénov’, l’Anah, les collectivités territoriales, les associations (Fondation Abbé Pierre, Secours Catholique…), les acteurs privés (Fondation Leroy-Merlin par exemple dans le cas de Philippe et Lydiane) et des groupes de protection sociale comme AG2R.

L’émergence d’un nouveau métier, l’assemblée solidaire

« Nous pouvons éliminer les tamis thermiques en dix ans. Mais cela signifie apprendre à mieux collaborer entre différentes organisations. D’où l’émergence d’un nouveau métier, celui d’assembleur solidaire.», précise Gilles Berhault, délégué général de Stop énergie exclusion. Dix personnes issues du monde du bâtiment ou de l’action sociale se forment actuellement à ce nouveau métier, consistant à accompagner une famille de A à Z dans la rénovation de son logement, de la préparation du dossier de financement à la réalisation des travaux, en passant par les budgets et des solutions techniques à imaginer.

Les Compagnons Bâtisseurs participent également à cette dynamique, avec une spécificité : cette association implique les habitants, au moins en partie, quand c’est possible, dans leur chantier (auto-réhabilitation), ce qui permet de réduire un peu le budget global.

12 millions de Français touchés par la précarité énergétique

Avant même la guerre en Ukraine et la hausse des prix, 20 % des ménages, soit 12 millions de Français, étaient en situation de précarité énergétique. Les occupants des 5,2 millions de passoires thermiques du parc français des résidences principales, classés F et G sur le barème du diagnostic d’efficacité énergétique (DPE), sont les premiers touchés. Le nombre de factures impayées a déjà augmenté de 17 % entre 2019 et 2021, entraînant près de 300 000 coupures de courant. Avec des prix de l’énergie domestique en hausse de 28% au deuxième trimestre 2022, par rapport à la même période l’an dernier, de nouveaux publics s’inquiètent. Avec la fin progressive du bouclier tarifaire et la nouvelle hausse de 15% prévue pour le gaz et l’électricité début 2023, cette crise énergétique va sans doute faire tomber les nouveaux logements qui vivent avec moins de dix euros par jour et par personne en précarité, comme souligné par les intervenants du colloque organisé aujourd’hui par la Fondation Abbé Pierre.

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D’où la mobilisation autour de la question, à l’occasion de la Journée contre la précarité énergétique, qui a lieu aujourd’hui 24 novembre. Lancée en 2021 par une vingtaine d’associations impliquées dans la problématique, cette deuxième édition est l’occasion de sensibiliser l’ensemble du territoire, à travers diverses animations. Et les solutions existent. Le collectif Alto a la exclución energía, qui réunit une cinquantaine d’acteurs, a pour objectif de sortir chaque année un million de personnes de la précarité énergétique. Les trophées 2022 des solutions contre la précarité énergétique qu’elle organise seront annoncés aujourd’hui 24 novembre au ministère de la Transition écologique.

Économisez de l’argent tout en fournissant de la chaleur aux plus pauvres

Avec son service électrique minimum de 1 000 watts garanti à tous les clients, sans coupure de courant, le fournisseur d’énergie verte Plum Énergie a été le lauréat 2021, dans la catégorie financement.

Captures d’écran de l’application de démarrage Don de Heat cadeau de chaleur

Cette année, la start-up à impact Don de Chaleur est candidate dans la même catégorie. Cette dernière permet à chacun, via une application lancée le 7 novembre, de relever une série de défis quotidiens ludiques pour atteindre la sobriété énergétique. “Les gens sont concentrés sur le chauffage, mais un pommeau de douche écologique peut réduire la consommation d’eau, et donc le ballon d’eau chaude ou la chaudière, jusqu’à 50 % »souligne Matthieu Sattler, co-fondateur de la start-up.

Générateurs électriques pour les populations déplacées en Ukraine

Grâce à ces éco-fonds, chaque kWh économisé permet non seulement de réduire la facture de chaque participant, mais également d’alimenter une cagnotte solidaire en soutien à l’un des cinq projets que ce dernier choisit, complétés par des prestataires associés : Stop Energy Exclusion, Habitat et Humanism , Emmaüs. Solidarity, Ulisse Energy et Electricians Without Borders, qui fournit des générateurs d’électricité aux personnes déplacées en Ukraine. A ce jour, 200 000 euros d’engagements économiques permettent déjà d’envisager le financement de divers projets d’ici Noël. De quoi « promouvoir une nouvelle forme de générosité à bord »souligne Matthieu Sattler.

Solinergy, la fondation du groupe Effy, distribuera à 5 000 foyers en situation de précarité énergétique des kits d’urgence composés d’éléments tels que des régulateurs de douche, des joints isolants pour les fenêtres, des ampoules E27 ou encore un guide écologique. Et cela à travers des associations de terrain telles que Soliha, Croix-Rouge Insertion et Habitat & Humanisme.

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