ça vaut la peine ?

Si la France compte 20 millions de logements individuels, elle est loin d’avoir recouvert ses toits de panneaux photovoltaïques. A l’heure où le président de la République entend décupler la production d’énergie électrique d’origine solaire d’ici 2050, certains appellent à ne pas négliger ce « potentiel inexploité » : 363 gigawatts selon l’Ademe, soit le triple de la puissance de production actuelle.

Pour les particuliers, l’intérêt n’est pas seulement écologique. Alors qu’une hausse de 15 % des prix de l’électricité est redoutée d’ici 2023, celle-ci devient moins chère. Sous quelles conditions? Combien de temps vous faudra-t-il pour obtenir un retour sur votre investissement ? On vous explique tout.

> Les panneaux photovoltaïques, à qui s’adressent-ils ?

Tout, du moins sur papier. Bien sûr, dans les immeubles l’accord des copropriétaires est nécessaire, que ce soit pour un usage individuel ou collectif, mais des panneaux photovoltaïques sont installés un peu partout, toitures, façades, jardins.

Cependant, l’efficacité de votre panneau dépend d’une série de facteurs, comme l’orientation (si possible, sud, sud-est ou sud-ouest) ou l’inclinaison (idéalement une pente de 30 degrés), qui rendent l’investissement plus ou moins attractif.



Photo Nouvelle Afrique – stock.adobe.com

Les aides de l’État (voir ci-dessous) sont en outre réservées à l’installation sur les toitures ou dans tout “système remplissant les fonctions d’appui de fenêtre, de bardage, d’ombrage, de garde-corps, d’ombrière, de pergola ou de mur-rideau”. Si vous posez vos panneaux au sol, vous ne recevrez rien.

Il n’est pas non plus nécessaire de vivre au bord de la Méditerranée : les panneaux photovoltaïques “aiment le soleil, mais pas la chaleur” selon EDF. Ils fonctionnent de manière optimale à 25°C ; au-delà, les performances peuvent chuter à 25%. Cependant, le prix d’achat des panneaux fluctue selon les régions et est plus élevé dans le nord.

> Combien ça coûte ?

La comparaison des offres ne se fait pas sur la surface des panneaux mais sur leur puissance ou capacité de production. Celle-ci se mesure en Watt-crête (Wc) ou kiloWatt-crête (kWc) : 1 kWc correspond généralement à une surface d’environ 10 m² mais peut nécessiter 7 à 20 m² selon les constructeurs.

Aujourd’hui, il faut compter environ 3 000 euros le kWc pour une installation de 1 à 3 kWc, de 2 000 à 3 000 euros le kWc pour les systèmes de 3 à 9 kWc. Attention ! Les offres en porte-à-porte ou par téléphone sont souvent plus chères que celles proposées par EDF, Engie ou Ikea, et les arnaques ne manquent pas.

A cela s’ajoutent les frais de connexion au réseau. S’il compte vendre toute sa production, Enedis devra installer un compteur dédié à la production, pour un prix compris entre 500 et 1 500 euros. Si vous ne vendez que la production excédentaire, votre compteur de consommation remplira la même fonction et vous ne paierez que des frais de démarrage (50 euros). En cas d’autoconsommation totale, vous n’aurez rien à débourser.

Il faudra également installer un onduleur, qui transforme le courant continu produit par les panneaux en courant alternatif. Il peut être inclus dans le devis de votre installateur, mais devra tout de même être réparé ou remplacé tous les dix ans.

Enfin, des frais supplémentaires sont à prévoir si vous optez pour des technologies de pointe ou si vous êtes contraint de refaire une partie de la toiture (étanchéité, enlèvement d’une cheminée, etc.).



Photo d’illustration Le Progrès /Richard MOUILLAUD

> Qu’est-ce qui aide ?

Contrairement aux panneaux solaires thermiques (qui produisent également de l’eau chaude et du chauffage), le photovoltaïque ne donne pas accès à MaPriveRénov ni à l’aide des collectivités locales (à de rares exceptions près). Cependant, certaines communes vous aident à constituer les dossiers : renseignez-vous !

L’Etat encourage l’installation de panneaux à travers deux mécanismes. Premièrement, les aides à l’investissement, dites prime d’autoconsommation », répartie sur les cinq premières années d’exploitation et dégressive : début 2022 (montant revu trimestriellement), elle s’élevait à 380 € par kWc pour les installations inférieures ou égales à 3 kWc, à 290 € par kWc pour les installations entre 3 et 9 kWc etc

La prime, réservée aux installations de moins de 100 kWc, ne sera versée que si vous faites appel à un professionnel badge RGE et si vous optez pour l’autoconsommation avec revente du surplus.

Les “producteurs” individuels peuvent également vendre tout ou partie de l’électricité qu’ils produisent à EDF OA (Obligation d’achat). Les conditions sont similaires : puissance inférieure à 500 kWc, qualification ou qualification professionnelle de l’installateur, couverture ou « allège, bardage, parasol, garde-corps, ombrage, pergola, mur-rideau ».

Le prix d’achat, également fixé trimestriellement, est sensiblement plus élevé si vous vendez toute votre production (au 3e trimestre 2022, par exemple, 0,2022 € le kilowattheure pour une installation de moins de 3 kWc, contre 0,1 € le kWh si vous ne vendez que le surplus).

Vous vous engagez pour 20 ans

Attention ! Le montant de la prime d’autoconsommation et le prix d’achat initial sont fixés au moment de la demande de raccordement et ne changeront donc pas pendant 20 ans, durée du contrat avec EDF OA.

De même, le régime de raccordement au réseau (production totalement injectée dans le réseau ; production totalement consommée ; production autoconsommée et excédents injectés dans le réseau) est figé pour 20 ans à la signature du contrat avec EDF OA.

Autres renforts si votre installation ne dépasse pas une puissance de 3 kW : un taux de TVA réduit 10% sur l’achat du matériel et l’installation (votre hébergement doit avoir une durée minimum de deux ans) et un exonération d’impôt sur le revenu les revenus de la vente d’électricité (elle doit cependant être raccordée au réseau public en deux endroits et ne pas affecter sa production à l’exercice d’une activité professionnelle).

Certaines collectivités ont également voté pour des exonérations partielles et temporaires de la taxe foncière. Enfin, certains procédés, constitués de tuiles photovoltaïques, sont éligibles à la prime Ptuile, qui a remplacé la prime d’intégration paysagère. Il compense en partie le surcoût de ces installations plus discrètes mais plus coûteuses.

> Quand sera-t-il rentable ?

Quand récupérerez-vous vos dépenses ? Tu décides ! Par conséquent, vous ne paierez pas la même chose selon la surface que vous couvrirez, le type de raccordement que vous choisirez, etc.

Gardez également à l’esprit qu’une fois l’installation réalisée, vous devrez payer une assurance habitation un peu plus chère chaque année et payer Enedis et RTE du Turpe (Tarif utilisation du réseau public d’électricité).

Quant aux avantages, vous devez tenir compte à la fois de l’électricité que vous produirez (qui dépend de l’ensoleillement de votre commune, de la pente de votre toit, de la technologie choisie) et de l’électricité que vous économisez en « autoconsommant ”.

Et attention, vous ne pourrez jamais réduire votre facture à zéro à moins d’investir dans une batterie de stockage à installer, très chère et encore loin d’en valoir la peine.

Avant de vous lancer dans votre projet, le site fotovoltaique.info, soutenu par l’Ademe, fournit un outil vous permettant d’estimer vos revenus potentiels.

Quelles étapes suivre ?

Une fois que vous trouvez le projet rentable, la première étape consiste à trouver une entreprise avec une qualification ou une certification professionnelle. Pensez à demander à l’installateur une attestation de cette autorisation, ainsi qu’une attestation décennale de responsabilité civile (obligatoire si votre installation est sur pont).

Vous devez déposer une déclaration préalable (pour les constructions existantes) ou un permis de construire (pour les constructions neuves) en mairie, avec les risques habituels (avis des architectes des Bâtiments de France si vous habitez à proximité d’un bâtiment historique, réglementation municipale sur la couleur ou aspect des plafonds, accord des copropriétaires si besoin…)

Vous devez également souscrire une assurance responsabilité civile et une assurance dommages aux biens.

Il vous appartient également de demander la connexion à Enedis, dans cette page. Vous recevrez sous dix jours notification de la date limite d’obtention d’une proposition de raccordement (PDR) et du numéro de contrat d’accès et d’exploitation du réseau (CAE).

Le PDR et le CAE lui-même arriveront d’ici 1 à 3 mois. Vous devez retourner le PDR accepté, le CAE signé et le règlement de travaux dans un délai de 3 mois.

Une fois les travaux terminés, votre installateur vous fournira le “Consuel”. Vous devrez l’envoyer à Enedis qui se chargera des travaux de raccordement et de mise en service.

Enedis informera EDF OA de l’avancement des travaux qui se chargera d’établir lui-même le contrat d’achat.

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