“Ça me rappelle Doncic” : Zaccharie Risacher, l’après-midi de l’éclosion

Près d’une heure après la dernière cloche, Zacharie Risacher (2,05m, 17 ans) déambule dans les travées de l’Astroballe, répond avec le sourire aux demandes de photos de certains enfants puis croise un homme. Après quelques secondes d’hésitation, ce dernier finit par l’arrêter in extremis : « Oh désolé je ne t’ai pas reconnu, félicitations pour ton match ! » Un anonymat relatif appelé à s’évanouir dans un futur plus ou moins lointain, au rythme de sa croissance au niveau professionnel. S’il avait déjà vécu des nuits mémorables la saison dernière, comme le jour où il est devenu le plus jeune partant français de l’EuroLeague (à 16 ans et 302 jours à Istanbul) ou ses 21 minutes de temps de jeu face à l’Olympiakos, la pépite de Villeurbanne a posé la première pierre de sa carrière vendredi soir avec une prestation réussie face à Baskonia (87-61). “Je suis content de voir qu’il peut bien faire les choses en Euroligue et gagner en confiance”a applaudi son partenaire Retin Obasohan.

Du temps de jeu, oui, mais surtout un vrai apport

Deuxième temps de jeu de l’ASVEL face à Vitoria (avec 21 minutes et 36 secondes), Zaccharie Risacher a indirectement fait ses armes dans la rotation lors de la déception de la Roannaise dimanche soir, à laquelle il n’avait pas participé. “Au début, je voulais attendre avant de le lancer”dit TJ Parker. “Je ne voulais pas trop lui mettre la pression et essayer de faire un bon début de saison. Mais comme ça ne s’est pas passé comme on s’y attendait, je me suis dit : Allez, allez ! Le garçon le mérite, il n’a pas peur, alors vas-y ! » Envoyé sur un tir de dégagement de David Lighty dans le premier quart-temps, le joueur de Malaga a pesé dès son entrée en jeu en captant deux rebonds offensifs d’affilée dans la même possession. Idéal pour gagner en confiance et démontrer votre capacité à contribuer dès le début. “Au-delà de jouer, il peut apporter sa contribution”souligne Anthony Brossard, son entraîneur chez Espoirs. « Dans ce cas, il a apporté un réel apport, il a tout de suite montré de quoi il était capable, notamment en captant les rebonds. »

En seconde période, Zaccharie Risacher a tenté, en vain, de faire un deuxième dunk (photo : Infinity Nine Media / Julie Darbon)

Et puis, surtout, en plus de sa capacité à sauter plus haut que les autres, Zaccharie Risacher a montré sa maturité et sa dominance impressionnante du haut de ses 17 ans. “C’est sa force”l’entraîneur U-21 est d’accord. « Tout ce qu’il fait est sous contrôle : il n’est jamais trop émotif ou frustré. » Très juste dans tout ce qu’il a entrepris, il n’a rien forcé et a montré la dimension de son QI basket, tant dans le jeu défensif qu’offensif, comme son fond de court coupé au but à la 12e minute. la plus grande scène, ce qui est peut-être la chose la plus difficile à faire quand on est encore adolescent. “J’en ai parlé avec le coach en début de semaine”il sourit pudiquement devant la demi-douzaine de journalistes qui s’intéressent à lui, le seul moment, peut-être, où il se laisse happer par son âge. « Il m’a dit qu’il allait être dans la rotation, alors je n’ai pas été surpris. L’idée était d’être agressif, de défendre fort, de s’amuser dans le sens du jeu, de jouer au basket ! J’ai toujours côtoyé l’équipe professionnelle, ce n’était pas un saut dans l’inconnu, je savais de quoi j’étais capable. Même dans les autres jeux, j’étais prêt à jouer, donc ça m’a aidé à être prêt quand l’occasion s’est présentée. »

« Il faut en profiter, c’est unique ! »

Sous le regard de son père, Stéphane, assis au deuxième rang, sa mère, Sandrine, directrice de production de Skweek, et sa petite soeur, Aïnhoa, également joueuse de l’ASVEL, Zaccharie Risacher est partie sous les applaudissements de l’Astroballe en première mi-temps. . Capable de punir à distance lorsqu’il est grand ouvert et d’endurer les duels défensifs, l’ancien joueur du Tassin Écully Olympique Basket affiche un bilan final de 5 points à 2/5 (dont un tir désespéré au buzzer), 6 rebonds, 1 passe décisive, 1 interception et 1 échappé. “Ce n’est pas une surprise”TJ Parker insiste. “Il est le même à l’entraînement. Défensivement, il s’est beaucoup amélioré. Quoi qu’il en soit, il sait qu’il doit passer par là pour gagner des minutes mais il s’est endurci, il peut presser le ballon. Il a une grande qualité de tir, des qualités athlétiques. Il a fait ce qu’il avait à faire : il a défendu, il a tiré, c’est très bien. Je suis content pour lui, il le mérite !”

Une soirée presque symbolique puisque, comme le rappelait Anthony Brossard, un certain Matthew Strazel Il s’était déjà révélé avant Vitoriapresque trois ans après la veille, le 29 octobre 2019. Entraîneur passionné, l’ancienne discipline de Pierre Murtin avait aussi les yeux pleins de fierté devant la performance de son protégé, dont il ne tarit pas d’éloges lorsque nous l’avons interrogé cet été. “Zacch” est le joueur moderne par excellence, l’ailier haut qui peut tout faire : conduire le ballon, jouer au pick and roll, poster, tirer à partir de trois points, défendre beaucoup de positions. Il me rappelle Luka Doncic, dans la mesure où il fait partie de cette catégorie de joueurs capables de rebondir, de passer et de marquer. Il sait vraiment tout faire et n’a pas de limites. C’est le joueur le plus fort que j’ai formé, alors que j’ai déjà vu passer Théo Maledon ou Amine Noua. Ceux-ci étaient très forts dans un domaine précis, il sait tout faire. C’est là où c’est exceptionnel ! C’est un joueur très rare : il faut en profiter car il est assez unique ! »

Chez les professionnels, les espoirs et leurs cours de fin d’année.

Nourri au ballon orange, titulaire de sa première licence depuis l’âge de trois ans à l’Elan Chalon, habitué de l’Astroballe depuis l’enfance, Zaccharie Risacher représente le plus gros potentiel de la génération 2005. Toujours éligible pour jouer en U18, il continue d’amasser un peu tout niveaux possibles, comme son enchaînement vertigineux entre les 35 minutes disputées à Roanne aux Espoirs dimanche et les 22 minutes en Euroligue cinq jours plus tard. “L’écart est assez fou”rigole Anthony Brossard. il ne se soucie pas “Ce type d’alternance entre les équipes est un facteur à prendre en compte compte “avoue le héros de la soirée. « Mais en fait, j’ai l’habitude. J’ai commencé l’année dernière, avec les professionnels, les U21, U18 et U17. » Il a si bien réussi qu’il est également ressorti avec un trophée dans chaque catégorie (!) : champion de France senior (seulement deux apparitions sur Betclic ELITE, bien sûr), champion de France Espoirs, champion de France U18 et vainqueur de la Coupe de France U17.

A 2,05 m, Zaccharie Risacher est capable de dominer les rebonds (photo : Lilian Bordron)

Cette saison, le décor est différent : le fils du vice-champion olympique 2000 est surtout programmé pour grandir avec l’équipe pro. Les Espoirs sont là aussi, pour lui permettre d’élargir encore son jeu et de se développer physiquement, l’un de ses principaux axes de progression. “On essaie de lui mettre le ballon entre les mains, de jouer avec des choses qu’il a moins l’habitude de vivre avec des professionnels”rapporte Anthony Brossard. « Ce qui est rassurant, c’est qu’il ne triche pas quand il joue avec nous. A Roanne, s’il joue 35 minutes, c’est surtout pour lui, pour tenir le rythme, mais il est totalement engagé et il a participé à notre victoire. L’idée est de le préparer pour qu’il soit prêt pour ce genre de moment. Son parti en donne la raison à tout le monde. » Depuis les départs précipités de Victor Wembanyama et Killian Malwaya, Risacher est le porte-drapeau du nouveau projet jeunesse de l’ASVEL, où tout est mis en place pour sa réussite. Encore lycéen Médaillé de bronze de la Coupe du monde U-17 Il suit ses cours de dernière année (filière scientifique) par l’intermédiaire du CNED, également avec l’intervention de professeurs de la Tony Parker Adequat Academy, où il réside. “On a monté une cellule autour de lui pour l’aider”décrit le technicien parisien. « Il a un horaire chargé entre l’école, les matchs, l’entraînement professionnel et les Espoirs. Mais il est assez stable, concentré sur ce qu’il a à faire. Il arrive à gérer ça, à s’organiser. J’ai l’impression qu’il se traduit positivement et qu’il est sur la bonne voie. » Celui-ci est encore immensément long pour arriver où vous voulez, mais le premier coup de pouce donné vendredi est séduisant. Et avec encore quelques sorties comme celles-ci, tout le monde le reconnaîtra bientôt très vite dans les couloirs de l’Astroballe…

A Villeurbanne,

paire

29 octobre 2022 à 02h30

Près d’une heure après la dernière cloche, Zacharie Risacher (2,05m, 17 ans) déambule dans les travées de l’Astroballe, répond avec le sourire aux demandes de photos de certains enfants puis croise un homme. Après quelques secondes d’hésitation, ce dernier finit par l’arrêter in extremis : “Oh, désolé, je ne t’avais pas…

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