Bayonne-Stade Toulousain, ce samedi : on a rencontré le Gersois Grégory Patat, manager de Remo, probablement le nom le moins en vue du Top 14

l’essentiel
Grégory Patat, ou l’histoire d’un vol en pente douce. Entraîneur de Bayonne depuis cette saison, l’ancien joueur de 47 ans a découvert avec succès ce nouveau poste et s’est épanoui dans ce club où il s’inscrit dans un projet de longue haleine. Et Remo est invaincu à domicile avant de recevoir Toulouse, le samedi 29 octobre (21h05), pour le 9e tour du Top 14.

Quatre matchs à domicile, quatre victoires. Et cette idée qui trotte dans la tête du staff du Top 14 qu’il sera moins facile de séduire Jean-Dauger qu’initialement prévu. Samedi, c’est le grand Stade Toulousain (mais sans ses internationaux) qui assurera la continuité.

À domicile, Bayona aime payer gros. Comme Ouch dans le passé. Auch, là où tout a commencé pour Grégory Patat. Joueur, capitaine, entraîneur. Avant le grand match. Et une envolée en pente douce vers ce poste d’encadrement à Bayonne. Sans doute le nom le moins sonore de l’élite qui abrite Mola, Urios, Saint-André, Garbajosa, Gibbes, O’Gara, Mignoni, Travers, Broncan et autres.

La personne en question ne sera pas offensée. Il sait d’où ça vient. Et il a tracé sa route dans le sillon de l’humilité gersoise. Manager coach à Auch, coach à l’Usap, puis à La Rochelle, et aujourd’hui, à 47 ans, manager à Bayonne. Sa progression peut être qualifiée de linéaire : « J’ai commencé chez moi dans un environnement très propice pour apprendre le métier. Plus tard il y a eu différentes histoires, une histoire courte mais enrichissante à l’Usap car c’est la première fois que je quittais la maison. codes de ce métier qui n’étaient pas les mêmes à Auch et puis j’ai rebondi dans un club qui avait une vision pour réussir sur le long terme. J’ai pu évoluer à travers ce club et mes différentes expériences.

Cette dernière, dont il a pu tirer des leçons, l’a enrichi. Même celui de l’USAP qui s’était mal terminé.

Aujourd’hui, à Bayonne, on pourrait presque jurer que ce club est fait pour lui : « C’est un club de quartier avec beaucoup d’entrain. J’aime cette proximité avec les gens, j’aime partager, je n’aime pas les décolletés. “C’est définitivement un métier sous pression, mais qui n’a pas de pression ces jours-ci dans son propre métier ? J’aime l’effervescence que dégage ce club. Il y a une passion et une effervescence extraordinaires. Quand on est acteurs, on a envie d’agir pour gagner.” Mais aussi nous voulons partager des émotions avec cet environnement ».

Plus généralement, les Gersois de Bassoues voyaient dans ce poste à Bayonne un projet à concrétiser : « Il faudrait que je demande à mon président Philippe Tayeb pourquoi il m’a pris, mais il a dû estimer que j’avais certaines valeurs qui correspondaient à cela. projet”. Ce qui m’a plu dans ce projet c’est la vision à moyen terme d’installer définitivement ce club dans le Top 14. La première vision ce n’est pas moi qui l’ai portée, ce sont nos dirigeants, nos actionnaires, nos administrateurs qui ont envoyé un signal fort au sportif en construisant ce centre de formation car aujourd’hui, le joueur professionnel se penche sur le projet sportif mais aussi sur les structures dans lesquelles il va se développer.

De manière plus personnelle, manager plutôt que coach, qu’est-ce qui change ça ? “C’est un tout autre métier. Il y a tout l’aspect organisationnel, la planification des entraînements. Il faut avoir une vision à plus long terme. Maintenant, je suis un entraîneur qui aime aussi être sur le terrain et j’ai cette double casquette actuellement. La beauté de notre travail, c’est la relation humaine. Chaque situation est différente. Il y a l’ego de chacun. Il faut en tenir compte, tirant les ficelles pour certains, actionnant des leviers pour les autres. De par ma petite expérience, les différentes expériences , c’est un poste qui m’intéressait, mais je voulais garder un rôle sur le terrain car c’est là que je me sentais le mieux, je ne voulais pas renier ce que c’était, j’aime m’entraîner aussi, c’était mon façon de voir cette position.”

Près de 60 personnes à gérer

Un effectif de 18 personnes, 40 joueurs à gérer et la relation avec le centre de formation qui compte pour vous. Et un poste qu’il découvre encore après quatre mois d’exercice : « On apprend tous les jours dans notre métier. Les joueurs, mais aussi moi, je n’ai pas honte de le dire. Parce qu’il faut s’adapter à ce milieu, reprendre les codes. .” , mettre des choses qui aujourd’hui doivent correspondre à la culture, aux structures. La gestion du copier-coller ne fonctionne pas ».

La gestion a aussi ses petites limites. WhatsApp et ses multiples groupes par exemple. Combien de groupes Whats App dans Remo ? Grégory Patat rigole : “Trop… Le Gersois n’est pas très portable. Mon président me dit : ‘Tu n’es pas portable’. Je dois m’adapter. Cette partie n’est pas ma préférée mais c’est gratifiant car nos cerveaux sont toujours en ébullition”. Après réflexion, nous essayons de trouver des solutions.

Gestion participative et authenticité

Réflexion mais aussi échange. Il semble que l’ancien troisième ligne soit un adepte du management participatif : « Je crois que les jeunes doivent s’impliquer dans le projet. partager d’abord la stratégie avec mes collaborateurs.

C’est ainsi que se définissent les grandes lignes du management de Grégory Patat. Saupoudré d’une pincée d’authenticité bien que le terme disparaisse avec les années de rugby professionnel : « C’est compliqué mais je préfère dire les choses parce que c’est plus facile à manier et qu’il n’y a pas de surprise. Bien sûr il y a des égos, des problèmes de fin de contrat. Que c’est la complexité de notre travail – comment on arrive à s’affecter au milieu de ces problèmes financiers de professionnalisme. Mes codes du rugby étaient très basés sur l’émotionnel. D’où je viens, on a toujours été les petits qui voulaient exister parmi les grands Maintenant, ce sont de nouveaux codes à garder en tête. Tout le monde a évolué dans cette entreprise ces dernières années. Le rôle du manager s’adapte de la même manière. Je veux que le discours soit clair. Quand un joueur ne joue pas, je trouve systématiquement. C’est participatif, authentique et ce que je considère le plus juste possible.

De joueur à entraîneur, la passion est toujours restée ancrée dans le corps du Gersois. A tel point que les quelques mois de recul entre l’épisode de La Rochelle et le nouveau long métrage de Bayonne m’ont semblé presque trop longs : “Ça m’a fait du bien parce que j’ai passé un été avec mes enfants et ma famille, mais ça m’a coûté cher le week-end quand je n’étais pas sur le bord du terrain pour partager des choses avec les joueurs. Chaque week-end était assez difficile pour moi. Il me manquait quelque chose. Cette relation quotidienne avec les joueurs, cette stimulation pour préparer une stratégie”.

Et aujourd’hui, on n’a presque plus le temps d’assumer ce rôle de manager…

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