Alexis Sánchez, le cerveau de Tudor / C1 / Gr. D / OM-Francfort / SOFOOT.com

Reçu comme un roi à Marseille fin août, l’international chilien a débarqué à l’OM avec la pression d’être l’un des plus beaux CV, sinon le plus beau, qui ait porté la tunique phocéenne au XXIe siècle. Auteur d’un excellent début de saison, la tête d’affiche de la génération dorée chilienne, habituée des grandes salles, est déjà devenue un pion incontournable pour Igor Tudor. explications.

Son aventure ciel et blanc aurait pu commencer de façon incroyable après un glissade d’un fumigène lancé sur l’esplanade de l’aéroport de Marignane, mais le soutien d’Alexis Sánchez a perduré. Aligné depuis en tête de l’attaque marseillaise à la place d’un Arkadiusz Milik qui a traversé les Alpes pour rejoindre la Juventus, le garçon merveilleux offre une approche et un profil différents de la gâchette polonaise. Utilisé côté droit au Barça, côté gauche à Arsenal et deuxième attaquant à l’Inter, Sánchez collectionne, à 33 ans, aussi bien dans les clubs phares qu’aux postes offensifs et a vu son échantillon grossir un peu plus depuis son arrivée au club de l’OM, ​​où il s’est présenté avec un tas de questions physiques dans ses sacs. Des questions qui ont vite fusé : celui qui a joué moins de 900 minutes la saison dernière pour l’Inter connaît un excellent début de saison, dans les statistiques – quatre buts en six matchs en France – comme dans le match.

petit mais fort

Connu pour sa vivacité et sa tonicité, l’international chilien de 169 centimètres a surtout brillé jusqu’ici grâce à sa précision dos au but et son endurance dans les duels. Bien que la Talent League porte une réputation de champion avec une grande densité physique, nécessitant ainsi un certain temps d’adaptation aux nouvelles recrues, le calibre et l’expérience d’Alexis Sánchez semblent lui avoir offert un raccourci. S’il n’est pas forcément dominant dans les statistiques de duels gagnés, le nouveau numéro 70 de l’OM se distingue par sa capacité à transformer chaque bataille gagnée en or. Une qualité qui permet d’offrir de la variété à un groupe qui cherche à gagner des mètres rapidement sans vraiment avoir d’autre point d’appui spécifique.


Illustration face au LOSC, ce week-end : Veretout prolonge vers Alexis Sánchez qui arrive pour coller à Bafodé Diakité. L’ancien joueur de l’Inter est bien ancré dans son soutien et résiste au duel face à l’ancien Toulousain…


Impossible donc pour le défenseur lillois d’intervenir. Sánchez peut alors servir de pivot Cengiz Ünder retardé près de la surface…


Le Turc passe le ballon à Pape Gueye qui peut réaliser une belle frappe que Lucas Chevalier stoppe.

Malgré le caractère combatif qu’il porte dans ses valises Après Tocopilla et qui est connu de tous ceux qui l’ont suivi depuis le début des années 2010, sa résistance aux duels en première ligne et sa réussite dans ce rôle pivot peuvent surprendre davantage. Cependant, c’est surtout techniquement ce que Sánchez excelle au Tudorball. Disponible entre les lignes, il représente à la fois une bouffée d’air frais pour la renaissance olympique et un souffle coupé pour les défenses adverses.


Exemple sur le terrain de Brest (1-1), où Guendouzi trouve une très belle passe à Sánchez qui casse deux lignes. Le ballon arrive fort et de hauteur moyenne, mais le Chilien le renvoie parfaitement sur une touche en pleine course de Milik…


Tout est prêt pour que le Polonais aille au but du pied gauche, mais il rate le ballon et permet à Brendan Chardonnet de le récupérer.


Malgré sa petite taille, Alexis et son excellente décontraction peuvent gagner certains duels aériens et offrir un peu de diversité à l’OM. Contre Clermont, il a parfaitement dirigé un long ballon de Chancel Mbemba vers Payet, offrant ainsi une belle opportunité aux réunionnais…


Le Clermontois aura le temps de venir presser pour empêcher le 10 Marseillais de prendre des risques dans un domaine qu’il affectionne particulièrement.

Père Noël, un cadeau pour Sánchez

Deuxième parcours le plus emprunté derrière celui qui mène Matteo Guendouzi depuis le début de la saison, le parcours Sánchez-Clauss est l’un des points forts du début de titularisation de Tudor à l’OM. Complices dès le premier match qu’ils ont joué sous la même tunique, les deux recrues marseillaises affichent déjà une entente naturelle et résolue. Le Chilien, souvent dos au but, étant droitier, a une tendance logique à s’orienter du côté du piston français, tandis que l’ancien du RC Lens, qui occupe une position moyenne au-dessus de la moyenne depuis le début du championnat , est naturellement tenté de jouer à l’intérieur. Le premier but marqué à l’Allianz Riviera contre Nice est un bon exemple de cette entente après qu’Alexis ait percé la lucarne de Kasper Schmeichel après une bonne percussion de Clauss…


Face à Brest, Alexis se relève comme à son habitude après un bon service de Valentin Rongier et enfonce une touche côté droit puis ouvre pour Jonathan Clauss (hors terrain)…


Le ballon du Chilien est excellent, et le bloc marseillais se projette rapidement en nombre vers le but de Marco Bizot…


Alexis a suivi l’action et s’est rendu disponible sur le bord de la boîte pour Clauss, puis s’est dirigé à l’intérieur. Son piston lui sert et il attaquera la ligne de but avec sa prise de boule…


Par derrière, il croise en fin de course, mais Clauss, qui suivait aussi le mouvement de son partenaire, revient un peu court pour récupérer ce un-deux-trois grandeur nature.


Face à Clermont, Alexis Sánchez laisse une nouvelle fois l’empreinte de sa défense pour se rendre disponible entre les lignes et se fait toucher par Matteo Guendouzi. Au moment de sa défaite, Clauss fait le geste inverse pour profiter de la formation adverse et du pied de son coéquipier…


Le Français offrira, comme à son habitude, un bon centre dans la surface. Mateusz Wieteska doit intervenir devant son but avec la présence de Payet derrière lui…


Le défenseur clermontois va commettre une erreur et offrir une balle de but à Payet, qui ne pourra pas boucler ce mouvement entamé par le duo Sánchez-Clauss.

« C’est un champion. Il apporte beaucoup en termes d’envie, d’intelligence, de professionnalisme. Il n’est pas là pour s’amuser. C’est un exemple pour tout le monde. » Igor Tudor

Physiquement, il est déjà en place

Avant d’affronter Brest à Francis-Le Blé lors de la deuxième journée, Igor Tudor a déclaré à propos d’Alexis Sánchez : “Vous ne devriez pas vous attendre à ce qu’il soit au sommet tout de suite, mais dans un mois, il ira bien. » Le Sud-Américain n’a finalement pas eu besoin du matelas que lui a offert son entraîneur pour prendre pied dans la maison phocéenne. Déjà efficace et fort physiquement, l’attaquant est assuré de s’imposer dans la durée (seulement 64 minutes par match de Ligue 1 en moyenne jusqu’à présent avec un seul match complet disputé contre Clermont sur six disputés). Cependant, le garçon merveilleux il est prêt à monétiser chaque minute qu’il passe dans la robe marseillaise. Pour cette raison, le nombre 70 assume parfaitement le statut de figure de proue qui lui est accordé, tant au niveau collectif qu’institutionnel. Hyper généreux dans l’effort sans ballon, Alexis est un véritable meneur de pressing au sein de l’équipe qui possède le deuxième meilleur PPDA (nombre de passes autorisées par l’OM à l’adversaire dans sa moitié de terrain) de Liga 1 (8,74). Son aura et son leadership sont tels qu’il influence et attire toute l’équipe vers une énergie commune, comme l’a souligné son entraîneur en conférence de presse le 18 août : « C’est un champion. Il apporte beaucoup en termes d’envie, d’intelligence, de professionnalisme. Il n’est pas là pour s’amuser, il est sérieux. C’est un exemple pour tout le monde. Il influence positivement toute l’équipe. »


Contre Clermont, Sánchez tire l’Olympien en appuyant sur la passe en retrait de l’Auvergne. Guendouzi, Rongier et Gueye s’activent alors pour le suivre et tenter de récupérer la balle haute…


La pression individuelle voulue par Coach Tudor est en place, Diaw subit la pression de Sánchez et n’a qu’une solution évidente près de lui, celle proposée par Wieteska…


Le défenseur polonais est alors lui aussi sous pression et est contraint de prolonger, ce qui renverra le ballon à Samuel Gigot.

En plus de pouvoir répéter des courses à haute intensité pour initier la pression si chère à son entraîneur, Sánchez se révèle également crucial en dehors du ballon lorsque son équipe en a la possession. Aussi intelligent pour se déplacer que précis pour finir, le Chilien facilite la vie de ses coéquipiers grâce à ses courses et sa mobilité, des choses qui ont longtemps été critiquées par son prédécesseur, Arkadiusz Milik.


Face au LOSC, Harit, Alexis et Ünder sont rapidement projetés vers le but adverse dans une attaque rapide menée sur Tudor. Sánchez ne regarde plus le ballon et attaque l’espace pour repousser la ligne défensive lilloise et proposer des compteurs, des temps et des solutions à son ami marocain…


Malgré le trois contre quatre en faveur de Lille, Harit dispose de deux bonnes options après avoir fixé le médian jusqu’à l’entrée de la surface opposée. Enfin, vous choisirez l’option Ünder sur le côté droit…


Le Turc servira Alexis dans une touche qu’il égalisera sereinement du plat du pied. Le Chilien a marqué tous ses buts olympiques jusqu’à présent dans la surface de réparation (trois des quatre ont été complétés par une touche).

Dernier doute physique qui subsistait au moment de l’arrivée de Sánchez en Provence : lui restait-il encore assez de rein pour faire la différence à lui tout seul ? Si les VMA et l’enchaînement des matchs ne devraient pas poser de problèmes avec une bonne gestion du temps de jeu, la vivacité et le ton de leur soutien semblent moins gérables. Couleur phare de sa palette, il doit suivre les appuis de l’attaquant pour profiter au mieux de la technique et de la mobilité de ce dernier. Jusqu’à présent, il semble à nouveau rassurant, affichant toujours cette capacité à tourner rapidement et à confondre l’adversaire avec le ballon avec des changements de direction spontanés.


Contre Clermont, Rongier touche Sánchez, puis colle à Alidu Seidu. Le Chilien feint son ballon et se dirige finalement vers l’axe grâce à une main droite extérieure qui élimine le Ghanéen…


Il contourne alors le défenseur clermontois puis résiste au duel pour servir Pape Gueye sur sa gauche…


L’ancien Havrais et Nuno Tavares se gênent en exploitant ce ballon qui finit ensuite par être bloqué par le premier obstacle auvergnat.

“Sánchez avait des idées claires sur où il voulait aller, dans quel système de jeu…” Pablo Longoria a déclaré lors de la présentation de son dernier bijou, tandis que Tudor s’étonnait de la polyvalence de son nouvel attaquant : “Sanchez peut jouer n’importe où en attaque. On le voit à droite, à gauche, au milieu… Avec ce type de joueur, peu de changements. » Pour l’instant, la tripartite semble satisfaite. Longoria a trouvé un leader pour son projet sur et en dehors du terrain, Tudor peut compter sur un joueur souple de haut niveau et Alexis Sánchez retrouve son éclat dans un environnement qui lui convient parfaitement. Il faudra voir s’il conservera ce statut dans la plus grande des compétitions, où il a manqué l’OM dans certaines séquences lors de la défaite face à Tottenham (2-0). Premier élément de réponse, ce mardi soir, face à Francfort, au Vélodrome.

Petit à petit, Randal fabrique son Kolo Muani

par Matias Ribeiro

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