Achats groupés : le bon plan des communes du 64 déjà sur le banc ?

« Au départ, cette méthode est utilisée par les collectivités de manière très basique, comme le ferait n’importe quelle entreprise, pour obtenir des prix avantageux sur les produits dont elle a besoin pour son fonctionnement. Par exemple, l’ADM a acheté des défibrillateurs avec ce système, souligne son président, qui est aussi le maire de Rébénacq. « Puis, ces derniers mois – et même depuis plusieurs années pour certains – le système est devenu accessible aux citoyens. Le concept est simple : la commune lancera un appel à fournisseurs (ou un organisme qui sélectionnera des fournisseurs) pour tel ou tel produit (fioul, gaz, électricité, etc.) et fera le lien entre eux et un groupe de personnes. , qui a souscrit à l’offre. Ce dernier bénéficiera alors d’un prix de gros, qu’il n’aurait pas pu obtenir seul ».

ancêtre d’Hendaye

Dans les Pyrénées-Atlantiques, Hendaye est la première à se lancer dans les achats groupés, en 2016. « Une initiative de la précédente législature, confirme Richard Irazusta, adjoint au maire délégué aux Solidarités, au Logement et à l’Administration générale, en charge de ces démarches. A cette époque, on assistait déjà à la hausse des prix des produits du quotidien, notamment de l’énergie. La seule solution concrète que nous pouvions apporter à nos administrés était de devenir un relais d’achats groupés.

La cité basque a également obtenu des résultats probants : « Nous avions des remises allant jusqu’à 17 voire 18 % sur le gaz, 10 % sur l’électricité. Soit une moyenne de 150 euros sur la facture de gaz, par exemple. Et les citoyens avaient confiance car le projet était soutenu par la mairie. 1 400 personnes ont participé au premier appel, et ce chiffre n’a cessé de croître. Avec un taux de renouvellement très élevé à chaque fois.

Dès lors, la formule remporte rapidement un certain succès. « Pour le citoyen, c’est un bon plan. La municipalité se charge de l’ensemble du processus en se chargeant de négocier un cahier des charges avantageux pour le particulier. Et ce dernier n’a qu’une chose à faire : valider la commande. Sans oublier que nous avons pris soin de rendre les termes (facture papier envoyée à la maison, etc.) aussi simples que possible.

Emulateurs en Béarn

Une ville basque qui, en plus de faire des émules, n’hésite pas à donner de bons conseils aux collectivités qui se lancent dans le système. Ainsi, Hendaye a aidé Navarrenx à lancer sa démarche d’achats groupés, comme l’indique la maire de la commune du Béarn, Nadine Barthe. « Nous venons de nous lancer dans cette idée. Notre dossier n’est pas encore terminé. Nous sommes en négociation avec des organismes pour l’achat collectif d’électricité, souligne l’élu. C’est un particulier qui nous a donné l’idée, puis la ville d’Hendaye nous a guidés dans la démarche ».

Les ménages en 1964, comme dans tout le pays, font face à une inflation galopante.


Les ménages en 1964, comme dans tout le pays, font face à une inflation galopante.

Getty Images/iStockphoto

La motivation de la ville béarnaise est simple : aider ses citoyens à « faire des économies », leur permettant d’accéder à des prix de gros. “En 2021, nous avions déjà cherché, cela a vraiment payé.” La maire de Navarrenx – bien qu’elle prévienne que le système “ne peut pas s’appliquer à tous les produits” – dit qu’elle réfléchit à faire d’autres achats groupés, potentiellement même du gaz. Et même d’autres façons d’aider vos électeurs. « Sur le territoire de la commune, nous avons beaucoup de forêts. Cela peut faire du bois de chauffage, pour pas trop d’argent. Nous réfléchissons si nous pouvions aider les gens à récupérer ce bois.

Et de conclure : « C’est notre rôle de collectivité, d’élus au service de la population. D’autant que ce dernier est à la croisée des chemins, entre la nécessité de changer ses habitudes pour mieux consommer et les difficultés entourant la hausse des prix.

Des économies importantes

Et l’idée semble faire son chemin, notamment en Béarn. Ainsi, les communes de la vallée d’Aspe ont collectivement adhéré à cette démarche. Bernard Stut, édile d’Osse-en-Aspe, qui a lancé le projet, détaille : « Cela fait maintenant quatre ans qu’à titre personnel avec une vingtaine d’habitants d’Osse et ses environs, nous avons utilisé le système d’achats groupés. L’idée n’a pas changé depuis : en acheter plusieurs pour acheter moins cher. Même s’il faut avouer que nous n’avions pas réussi à obtenir des remises énormes, nous avions économisé de l’argent. Et le simple fait d’avoir des conditions de paiement favorables était intéressant. Mais la crise sanitaire a tout stoppé.

Il y a quelques mois, face à une inflation galopante, Aspois récidivait, mais cette fois à plus grande échelle. « J’en ai discuté avec le maire d’Osse-en-Aspe, qui m’a soutenu. Mais cette fois nous nous sommes dit qu’il serait encore plus intéressant de faire des achats groupés à l’échelle de toute la vallée, avec ses treize villages. Plus il y a de monde, meilleurs sont les prix. »

Confiance dans la communauté

Même si l’opération met un peu de temps à se mettre en place, le projet avance. « Nous voulons établir un référentiel pour chaque commune, pour guider les citoyens. Cela rassure les gens, surtout les plus âgés. Nous avons opté pour une organisation locale, qui gère les achats. Il nous avertit lorsque les prix sont les plus bas, et les particuliers valident la commande. Ces derniers bénéficient d’une petite remise et de conditions de paiement faciles. Au fil des ans, nous nous attendons à ce que les économies deviennent de plus en plus importantes.

Trente habitants de la vallée se sont inscrits à la démarche. « Ce n’est pas énorme, mais depuis que nous avons commencé en septembre, beaucoup avaient déjà fait le plein. Je suis convaincu que l’année prochaine nous aurons plus de monde ». Le projet porte actuellement sur l’achat de 30 000 à 40 000 litres de mazout et pourrait bientôt inclure également l’achat de granulés de bois.

Bernard Stut glisse : « Nous allons tenir une réunion prochainement pour faire le point sur cette première action, avec l’organisation et les référents. Nous espérons vraiment inscrire cette démarche dans la durée et pourquoi pas l’imiter ailleurs en Béarn ou en 64 ! »

incertitude sur l’avenir

Pourtant, le système semble déjà sur le banc. Dans la Vallée d’Aspe, Bernard Stut avoue que certains fournisseurs “ont refusé” de répondre à son appel, car “les prix de l’énergie fluctuent trop, ils changent tous les jours”. Chez Navarrenx, Nadine Barthe reconnaît que l’intérêt pour l’idée est amoindri par l’inflation galopante : « Comme je l’ai dit, en 2021, c’était très intéressant. Mais à partir de cette année, en 2022, la différence entre un achat groupé ou un achat unique se réduit. L’élu s’inquiète même pour l’année suivante : « La question de la pertinence de ce dispositif se posera en 2023, si la réduction des marges se poursuit. Si la différence entre un achat groupé et un achat classique est minime, le public laissera tomber. »

Un relais qu’Hendaye a déjà exploité, qui n’a pas renouvelé son activité. « Lors de notre dernier achat groupé, d’énergie, les fournisseurs ne se sont pas positionnés car ils ont refusé de s’engager sur un prix dans la durée. Le marché de l’énergie (gaz, électricité, etc.) fluctue trop vite. Avec la guerre en Ukraine, tout a pris feu. Du coup, cela renverse tout l’intérêt du zoom et on s’arrête. C’est frustrant parce que les gens en ont plus besoin en ce moment. Nous restons en contact avec notre organisation : si le marché se stabilise un jour, peut-être relancerons-nous le processus ! »

“Les communes ne sont pas responsables des achats”

Alain Sanz, président d’ADM64, revient sur le système d’achats groupés : « Il faut être clair : ce ne sont pas les communes qui font les achats et donc elles ne peuvent être tenues responsables des achats effectués. Les transactions se font entre les fournisseurs et les particuliers. Là où la communauté intervient, c’est dans le choix du prestataire ou de l’organisation qui sélectionnera les prestataires. Choix fait selon des critères sérieux. Quelque part, c’est un gage de confiance apporté par la commune ou l’agglomération qui lance l’achat collectif pour les particuliers.

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